Cyrille Bissette (1795-1858)

La mère de Cyrille Bissette était la fille naturelle  de Joseph-Gaspard Tascher de La Pagerie et d’une Afro-descendante. De ce fait, le Martiniquais Cyrille Bissette, né à Fort-Royal (Fort-de-France) est le neveu de l’impératrice Joséphine.

Le père de Bissette est un Afro-descendant assez aisé, ce qui lui permet de s’établir comme négociant à Fort-de-France.

En décembre 1823, circule en Martinique un libelle manuscrit intitulé De la situation des gens de couleur libres aux Antilles françaises qui dénonce l’esclavage et réclame des droits civiques pour les Afro-descendants libres.

Bissette est dénoncé. Une perquisition à son domicile fait apparaître qu’il détient plusieurs exemplaires du pamphlet, mais rien ne prouve qu’il en soit l’auteur.

Arrêté, Bissette et ses « complices » sont emprisonnés. Un jugement condamne le commerçant au bannissement à vie hors de France. En appel, il est condamné aux galères à perpétuite et à être marqué au fer rouge.

Bissette est aussitôt marqué, exposé publiquement, puis transporté au bagne de Brest.

Mais la cour de Cassation casse l’arrêt d’appel et renvoie d’affaire devant la cour de la Guadeloupe qui ne prononce que dix ans de bannissement, mais seulement des colonies françaises.

De ce fait, Bissette, qui a été déclaré d’office en faillite, vient à Paris où il va faire ouvertement campagne pour l’abolition.

En 1832, il fonde la société des hommes de couleur et en 1834 le Journal des colonies où il publiera, en 1837, Le mulâtre de Victor Séjour  : le premier texte de fiction écrit par un Afro-Américain.

Après l’abolition de 1848, Bissette est élu député et prône la réconciliation entre anciens esclaves et anciens maîtres (ayant lui-même la double ascendance) et le métissage.

Aux élections de 1849, s’alliant avec le béké Pecoul,  Bissette, qui a l’appui des classes laborieuses – c’est-à-dire des anciens esclaves – écrase Schoelcher, qui est soutenu par les Afro-descendants bourgeois (anciens affranchis) lesquels accusent Bissette d’être un traître à sa « race » (celles des affranchis) pour s’être allié avec un béké.

Jusqu’au retrait de la vie politique de Bissette en 1852, la rivalité avec Schoelcher restera extrêmement vive.

L’histoire a retenu que l’abolition de l’esclavage était la conséquence de l’action de Schoelcher, alors que Bissette a joué un rôle au moins équivalent et probablement plus déterminant.

 

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Sam. 4 fév. 2017 commémoration abolition esclavage place général-Catroux Paris 17e à 18 h
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