Henry Johnson

Henry Johnson, né le 15 juillet 1897, à Winston-Salem, Caroline du Nord, est un héros de la Première guerre mondiale. Son comportement, ainsi que celui d’autre héros comme Eugène Bullard ou Freddie Stowers, souligne de façon exemplaire la participation significative des volontaires afro-américains à ce conflit.

Engagé le 5 juin 1917, alors qu’il n’avait pas encore 20 ans, dans le 15e régiment d’infanterie de la garde nationale de New York, rebaptisé 369e régiment d’infanterie, et plus connu sous le nom de Harlem Hellfighters, Johnson débarqua à Brest le 27 décembre 1917.

Il s’illustra particulièrement dans la nuit du 14 au 15 mai 1918 au bois d’Hauzy, près de Servon-Melzicourt, dans la Marne.

Lors de ce combat nocturne dans la forêt d’Argonne, Johnson, alors qu’il avait été placé en observation avec un camarade, Needham Roberts, dut affronter des adversaires bien supérieurs en nombre puisque il fut attaqué à la grenade par un commando d’une vingtaine d’Allemands.

Sous le feu de l’ennemi, les deux Afro-Américains épuisèrent leur munitions et tous deux, bien que blessés, durent se battre au corps à corps.

Au lieu de se replier, Johnson, après s’être défendu à coups de crosse, contre-attaqua à l’arme blanche pour protéger son camarade grièvement atteint qui risquait d’être fait prisonnier et finalement il se battit à mains nues, réussissant à repousser les assaillants dont plusieurs restèrent sur le terrain.

Johnson fut blessé 21 fois au cours de ce combat.

Ce fait d’armes, comparable à celui accompli par le général Dumas au pont de Brixen, valut à Johnson la croix de guerre, le grade de sergent et un article d’Irvin Cobb paru à Indianapolis le 24 août 1918 dans le Saturday Evening Post sous le titre Young Black Joe.

Needham Roberts

Cet article fut le point de départ de la célébrité de Johnson aux États-Unis.

Démobilisé, Johnson participa avec ses camarades au défilé de la victoire des Afro-Américains sur la 5e avenue de New York en février 1919.

Mais il révéla, au cours des conférences auxquelles il fut convié, la réalité du racisme auquel, en même temps que ses camarades afro-américains, il avait été confronté dans les tranchées.

Pour le punir de ces révélations, on lui interdit de porter l’uniforme, ce qui mit un terme à sa tournée de conférences.

Johnson mourut à Washington le 1er juillet 1929 et fut inhumé cinq jours plus tard au cimetière national d’Arlington.

 

 

Johnson (à droite) et Roberts décorés

 

Henry Johnson 3

 

 

 

 

 

 

 

 

Décoré à titre posthume par Obama

Johnson devait recevoir à titre posthume la Purple Heart en 1996 et en 2015, en présence du président Obama, la médaille d’honneur avec une citation ainsi rédigée:

 

« Le soldat Johnson s’est distingué par des actes de bravoure et d’intrépidité au-dessus et au-delà de son devoir en tant que membre de la Compagnie C, 369e régiment d’infanterie, 93e division des forces expéditionnaires américaines, lors d’opérations de combat contre l’ennemi sur le front français en le 15 mai 1918. Le soldat Johnson et un autre soldat étaient en service de sentinelle à un avant-poste avant quand ils ont subi une attaque surprise de la part d’un commando allemand composé d’au moins 12 soldats. Alors qu’il était sous le feu intense de l’ennemi et qu’il recevait des blessures importantes, le soldat Johnson s’est vaillamment défendu, causant plusieurs pertes à l’ennemi. Lorsque son compagnon s’est trouvé gravement blessé, le soldat Johnson l’a empêché d’être fait prisonnier par les forces allemandes. Le soldat Johnson s’exposait à un grave danger en avançant de sa position pour engager l’ennemi au corps à corps. Le soldat Johnson, qui ne portait qu’une machette et se trouvait gravement blessé, continua de se battre , ouvrant la tête d’un adversaire. Faisant preuve d’un grand courage, le soldat Johnson retint l’ennemi jusqu’à ce qu’il se replie. L’héroïsme et l’altruisme extraordinaires du soldat Johnson, au-delà de ce que lui commandait le devoir, sont conformes aux plus hautes traditions de nos armées et reflètent un grand crédit sur lui-même, son unité et l’armée des États-Unis »

Henry Johnson

un article du Parisien du 9 mars 2014 rendant hommage à Johnson

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