John Brown (1800-1859)

John Brown, antiesclavagiste radical, n’avait pas d’origines africaines connues.

Traumatisé dès son enfance pour avoir assisté à des violences infligées à un esclave, il consacra sa vie à la cause abolitionniste après l’assassinat, en 1837, d’un ami qui partageait ses idées.

En 1847, après avoir rencontré Frederick Douglass, Brown se rapprocha de la communauté afro-américaine et vécut dans une ferme de l’État de New York.

À partir de 1855, Brown, aidé de ses 5 fils, opte pour l’action violente et s’installe au Kansas, alors État embryonnaire (formé en 1854) où les réfugiés français esclavagistes de Saint-Domingue étaient nombreux.

Les partisans et les adversaires de l’esclavage en étaient venus à la lutte armée (la loi étant floue sur la question).

Les esclavagistes, les Border Ruffians, venus du Missouri, avaient levé une milice.

Brown et ses fils les combattirent.

En 1856, à Pottawatomie Creek, Brown sabre 5 colons esclavagistes.

La même année, lors de la bataille d’Osawatomie, Brown défend un village contre 400 assaillants.

Le 16 octobre 1859, Brown tente de soulever les esclaves de Virginie et prend le contrôle de l’arsenal fédéral de Harpes Ferry (Virginie occidentale) pour leur fournir des armes.

Mais c’est un échec car aucun esclave ne bouge. Cerné par les Marines et blessé, Brown est pris, condamné à mort et pendu le 2 décembre 1859 à Charles Town (Virginie).

L’exécution de John Brown eut un grand retentissement et contribua à rallier l’opinion mondiale au mouvement abolitionniste.

Bien que Lincoln n’ait rien fait pour empêcher l’exécution de Brown qu’il considérait comme un terroriste et un illuminé, la célèbre chanson John Brown’s Body devint l’hymne des armées nordistes pendant la guerre de Sécession.

 

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10 Contributions

  1. Je le donne pas dit :

    Merci de mentionner John Brown sur votre site.
    Je considère John Brown comme Noir; être panafricain c’est bien plus qu’une couleur de peau.

    Votre site est une merveille, bonne continuation !

  2. Lise MASAROTTO dit :

    A lire absolument sur l’histoire de John Brown le magnifique roman de Russel Banks: « Pourfendeur de nuages ».

  3. Joss Rovélas dit :

    UN PEU DE LUCIDITE !

    Il faut noter avec attention que les blancs – étasuniens ou européens – reprennent rarement John Brown comme modèle de combattant de la liberté et évidemment pas comme modèle de défense de leurs « droits de l’homme » puisque ce sont des droits de l’homme « blanc »…

    Nous avons la encore la démonstration qu’il y a un lien de solidarité dans le racisme négrophobe entre les élites politiques, intellectuelles et médiatiques et la grande masse de la population issue de l’Europe…

    Les Occidentaux sont malades de leur sentiment de supériorité basé sur la croyance qu’il appartiennent à une civilisation édifiée par une race supérieure : l’homme blanc !

  4. LaCec dit :

    J’ai traduit un petit texte à propos de John Brown pour le profil d’un ami hier sur FB. Le voici. Ce sera mon petit hommage à M Brown.

    Un récit des funérailles de John Brown (abolitionniste américain) en Haiti, dans  » Haiti: The Aftershocks of History  » par Laurent Dubois, professeur de littérature française et historien spécialiste d’Haiti à Duke University.

    En décembre 1859, des funérailles officielles grandioses furent organisées à la cathédrale de Port-au-Prince. Le président haitien, Fabre Geffrard, supervisa l’organisation, tandis que le principal prêtre catholique de Port-au-Prince officiait pour la Grand Messe. Dans la nef de l’église se trouvait le cercueil, drapé de noir, éclairé de chandelles, et décoré d’une inscription décrivant le défunt comme un « martyr à la cause des noirs ». Après un éloge enthousiaste, le cercueil fut accompagné à la frontière de la ville par une large procession constituée de nombre des citoyens les plus importants. Mais le cercueil ne fut jamais enterré parce qu’il était vide.

    Cette cérémonie se déroulait en l’honneur de l’abolitionniste John Brown, qui avait été exécuté quelques jours plus tôt à Charles Town en Virginie. Brown ne s’était jamais rendu en Haiti, mais l’histoire du pays l’avait touché depuis longtemps. Il connaissait l’histoire de sa révolution anti-esclavagiste par coeur et aimait en faire le récit à d’autres abolitionnistes. D’après un journaliste anglais, c’était l’exemple du soulèvement de 1791 qui convainquit Brown de la « possibilité d’un soulèvement des esclaves dans tous les états du Sud suite à un événement déclencheur adéquat. » Brown souhaitait sans doute aussi imiter la tactique de ses prédécesseurs haïtiens quand il choisit la ville de vallée Harpers Ferry, car il savait que les rebelles haïtiens avaient attaqué des villes, puis s’étaient retirés dans des zones de montagne inaccessibles. Et tandis qu’il attendait son exécution après l’échec de son plan, Brown se consola en lisant la biographie de Toussaint Louverture.

    Après la pendaison de son père, le fils de Brown écrivit que l’esprit de Louverture parlait aux esclaves des Etats Unis. Ils pouvaient l’entendre, s’ils écoutaient « parmi les pins des Carolines dans le Dismal Swamp (Morne Marais) et au sommet des montagnes, proclamant que les despotes de l’Amérique devraient un jour connaître la force du bras du travailleur, et que celui qui voulait être libre devait frapper le premier coup lui-même. » Un journal haïtien s’adressa de la même manière aux esclaves des Etats-Unis: « La Liberté est immortelle. Brown et ses compagnons ont semé cette terre esclavagiste de leur glorieux sang, et ne doutez pas qu’un jour vengeance s’accomplira. »

    Il semblait normal que le plus grand service de funérailles honorant Brown se tint en Haiti, où le président le reçut de manière posthume comme Citoyen d’Honneur.

  5. Jean-Pierre Arsaye dit :

    Je suis entièrement d’accord avec JohnX

  6. Johnx dit :

    « Le 16 octobre 1859, Brown tente de soulever les esclaves de Virginie et prend le contrôle de l’arsenal fédéral de Harpes Ferry (Virginie occidentale) pour leur fournir des armes….Mais c’est un échec car aucun esclave ne bouge…Brown est pris, condamné à mort et pendu le 2 décembre 1859 à Charles Town (Virginie) ».

    L’histoire des peuples noirs est ainsi truffée de telles lâchetés. Voilà qui explique que nous soyons toujours les souffre-douleur de l’humanité.

    Pendant la guerre de Sécession, des « noirs » combattirent aux côtés des esclavagistes sudistes.

    Des tirailleurs sénégalais ont colonisé l’Afrique de l’Ouest pour la France.

    Le Che est venu en Afrique pour aider les « noirs » à se libérer au Congo. Il en est reparti écoeuré par tant d’inconscience et de lâcheté.

    Les Cabral, Lumumba, Sankara, ont subi le sort de ce John Brown antiesclavagiste.

    Si vous vous mettez au devant d’un peuple qui n’est pas prêt pour le libérer, vous devenez le mouton d »un sacrifice inutile.

  7. Pascal Rosier dit :

    Quel homme exceptionnel !

  8. Frantz Pierre Victor dit :

    Il y a une rue à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, qui s’appelle avenue John Brown.

    C’est l’une des artères principale de la capitale. Ce nom date des années 1870.

  9. Terrie dit :

    Quel courage !

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