L’Association des Amis du Général Dumas dénonce le maire FN de Villers-Cotterets

Deux rendez-vous majeurs sous l’emblème du général Dumas pour commémorer l’abolition de l’esclavage le 10 mai 2014 :

à 11 h du matin à Villers-Cotterêts (Aisne), rendez-vous 41 rue du général-Mangin (centre ville) alors que le maire FN, Franck Briffaut, refuse de donner un caractère officiel à cette commémoration traditionnelle qui se tiendra néanmoins avec un éclat particulier et en présence de tous les médias devant la plaque en mémoire du général Dumas.

Pour se rendre à Villers-Cotterêts le 10 mai depuis Paris Gare du Nord :

08 h 13 (arrivée Villers-Cotterêts à 09 h 16)

09 h 46 (arrivée Villers-Cotterêts à 10 h 35)

accès manifestation 2 minutes à pied depuis la gare.

le plan d’accès

 

à 18 h à Paris avec Anne Hidalgo, maire de Paris, commémoration parisienne annuelle  de l’abololition de l’esclavage et en mémoire du général Dumas place du général-Catroux (17e) métro Malesherbes ligne 3 bus 94

le reportage de I télé Canal + diffusé le 1er mai 2014

Communiqué de l’association des amis du général Dumas, présidée par Claude Ribbe, écrivain et réalisateur, à propos du refus de M. Franck Briffaut, maire FN de Villers-Cotterêts (Aisne), patrie du général Dumas et d’Alexandre Dumas, issus de l’esclavage, de commémorer la journée nationale de l’abolition de l’esclavage le 10 mai 2014.

 

Le maire de Villers-Cotterêts, M. Franck Briffaut (Front National) a déclaré le 17 avril 2014 dans une vidéo publiée sur le site du journal L’Express qu’il refuse de célébrer dans sa commune la journée nationale d’abolition de l’esclavage le 10 mai 2014.

Cette journée résulte des dispositions de la loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité et qui prévoit qu’ « en France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage est fixée par le Gouvernement après la consultation la plus large. »

Le décret n°2006-388 du 31 mars 2006, pris en application de cette loi, dispose qu’ « en France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage est fixée au 10 mai», que « chaque année, à cette date, une cérémonie est organisée à Paris » et qu’ « une cérémonie analogue est organisée dans chaque département métropolitain à l’initiative du préfet ainsi que dans les lieux de mémoire de la traite et de l’esclavage ».

Villers-Cotterêts est principalement connue pour être la patrie des Dumas et en particulier du général Dumas, né esclave à Saint-Domingue (aujourd’hui République d’Haïti), glorieux soldat de la Révolution, victime en son temps de la haine raciste.

En 1789, le futur général Dumas, simple dragon et « homme de couleur » fut accueilli chaleureusement par la population de Villers-Cotterêts et épousa une fille du pays. C’est à Villers-Cotterêts que naquit sont fils, Alexandre Dumas, afro-descendant, fils et petit fils d’esclaves antillais, écrivain français talentueux, populaire et mondialement connu.

L’Association des Amis du général Dumas est à l’origine de l’installation, en décembre 2006, à Villers-Cotterêts, d’une plaque commémorant le bicentenaire de la mort du général Dumas, qui repose auprès de sa femme dans le cimetière communal.

Cette plaque a été apposée sur l’ancien hôtel de l’Epée où est mort le général.

Depuis le 10 mai 2007, c’est devant cette plaque que le préfet de l’Aisne et la municipalité de Villers-Cotterêts, commémorent, tous les 10 mai, la journée de l’esclavage et de son abolition.

La manifestation, célébrée en présence des enfants des écoles, a toujours rassemblé la population, au-delà de toutes les opinions.

La plaque indique clairement que le général Dumas, né esclave, est mort libre à Villers-Cotterêts.

De ce fait, Villers-Cotterêts est manifestement un lieu de mémoire de l’esclavage et un site emblématique du refus du préjugé de couleur.

L’association des Amis du général Dumas ne peut dès lors que condamner fermement les déclarations du maire de Villers-Cotterêts qu’elle juge extrêmement choquantes et dont elle déplore la connotation raciste.

Elle rappelle qu’il appartient au préfet du département de l’Aisne de fixer le lieu de commémoration départemental de la journée du 10 mai.

Sachant que la cérémonie a toujours eu lieu à Villers-Cotterêts – lieu de mémoire de l’esclavage – depuis 2007, l’association considère qu’il appartient au préfet de prendre toutes dispositions pour assurer, en vertu de la loi et de son décret d’application, la continuité de la cérémonie, nonobstant les préjugés de M. Franck Briffaut.

En refusant une commémoration qui s’est déroulée harmonieusement durant 6 années consécutives, M. Briffaut, bien au-delà d’une prise de position qu’il présente comme le refus d’une supposée «culpabilisation», s‘en prend à la mémoire du général Dumas et de son fils, figures majeures de Villers-Cotterêts depuis 1789.

Il fait en outre offense à tous les descendants d’esclaves, notamment français, qui sont encore en butte à un racisme particulièrement virulent en 2014.

Beaucoup de ces descendants d’esclaves furent des soldats qui, lors de deux guerres mondiales, versèrent leur sang – à l’instar du général Dumas de 1792 à 1799 – pour défendre la France et particulièrement la région de Villers-Cotterêts.

Africains et tirailleurs sénégalais – notamment au chemin des Dames le 16 avril 1917 où 1400 Africains tombèrent en une seule journée – ont défendu la terre de France.

Des aviateurs afro-américains et antillais, descendants d’esclaves, comme Eugene Bullard, Pierre Réjon ou Guibert Jean-Marie luttèrent pour que le ciel de l’Aisne ne soit pas envahi et pour protéger des bombardements les communes de Picardie, particulièrement Villers-Cotterêts.

Le lieutenant Guibert Jean-Marie, descendant d’esclaves martiniquais, trouva une mort glorieuse le 2 septembre 1918 à Chavigny, près de Soissons, après un combat désespéré à un contre dix, pour défendre le ciel de Villers-Cotterêts, au nom des mêmes valeurs que celles qui animaient le général Dumas.

Nombreux sont les descendants d’esclaves aujourd’hui encore engagés sous le drapeau français, et qui exposent chaque jour bravement leur vie au service de la Nation.

L’attitude honteuse et insidieusement raciste du maire de Villers-Cotterêts, qui s’en prend à une Afrique et à des « Barbaresques » qui seraient encore esclavagistes, est de nature à encourager la haine en France.

L’Association des amis du général Dumas invite à réagir contre l’attitude du maire de Villers-Cotterets en participant au rassemblement traditionnel qu’elle organise en mémoire de l’esclavage et du général Dumas le 10 mai 2014 à 18 heures, place du général Catroux à Paris (17e), devant le monument au général Dumas qui évoque, par des chaînes brisées, ce moment fraternel unissant les Français de l’Hexagone contre le racisme, cette abolition de l’esclavage que M. Franck Briffaut refuse de commémorer.

Anne Hidalgo, maire de Paris, invitée par l’association des Amis du général Dumas, a déclaré qu’elle assisterait à cette manifestation, à l’instar de diverses personnalités.

Claude Ribbe

écrivain et réalisateur, président de l’association des Amis du général-Dumas

 

 

La vidéo mise en ligne le 17 avril 2014 sur le site de l’Express

 

 

 

Le maire de Villers-Cotterêts a déclaré au journal l’Union le 23 avril 2014 ne pas voir le rapport entre les Dumas et l’esclavage.

L’association des Amis du général Dumas appelle à être présent le 10 mai 2014 à Villers-Cotterêts à 11 h pour commémorer l’abolition de l’esclavage.

 

 

Ecrit par

7 Contributions

  1. marie dit :

    bonjour , je suis très choquée par la décision du maire de refuser la commémoration de l’abolition de l’esclavage :
    j’ai mal viscéralement …comme si on niait la souffrance des ancêtres en refusant ainsi la reconnaissance de ce crime contre l’humanité ;
    en salissant consciemment la mémoire de millions de personnes qui ont souffert ,sont morts ,ont été arrachées de leur terre ,il nous signifie son manque de respect total envers une certaine catégorie de la population française, descendante d’esclaves (tous les antillais par exemple doivent se sentir insultés)
    le respect de la France envers cette grande souffrance et sa responsabilité doivent être maintenues à tout prix ,tout en favorisant un consensus national !! c’est le devoir de mémoire : c’est une honte et une plainte doit être déposée contre ce individu
    Le FN n’est que haine

    • TAALI dit :

      Si il y des Kamites à Villers-Cotterêts il n ont qu’à venir avec nous faire malgré tout la commémoration de ce que je qualifierai de razzia , de génocide. L’esclavage tel qu’il était pratiqué en ce temps là est terminé , mais le code noir n’a pas été annulé.Maintenant c’est un esclavage déguisé.Si le FN ne nous aime pas c’est son problème. Nous savons à quoi nous en tenir. De toutes les manières au lieu que ces personnes viennent souiller la mémoire de nos ancetres je préfère ne pas les voir. Nous n’ avons pas besoin d’etre aimés par ces gens-là pour exister.Merci les ancetres de kémet et du monde noir de votre courage, pour avoir pu survivre à ces monstres.RESTONS DES DIGNES ENFANTS DE KEMETS. Restons un peuple unis par delà les grandes eaux salées. Q’AMON RA prenne place ds nos coeurs et qu’il les guide sur le chemin de la MAAT !

  2. Ursula Jahn dit :

    Je suis la présidente de la section de la Ligue des Droits de l’Homme
    de Villers-Cotterêts.

    J’ai participé ces dernières années à chaque commémoration et je continuerai à le faire !

    L’attitude et les propos de ce nouveau maire sont inacceptables et répugnants comme évidemment les thèses du FN.

    Bien cordialement, Ursula Jahn

  3. Jean - Claude Dougé dit :

    Dommage que le site ne soit en anglais. Il y a eu beaucoup de recherches pour sa mise a jour. Tout Afro-descendant se doit d’y jeter un coup d oeil et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

  4. Fontaine dit :

    La réponse d’Alexandre Dumas fils au maire FN DE Villers-Cotterts : « Discussion entre Dumas et un contemporain :
    « Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ?
    – J’en ai certainement, Monsieur, du sang noir ! Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit. »

  5. Joss Rovélas dit :

    Ce monsieur dit qu’il est opposé à la commémoration de l’histoire de l’esclavage des africains et sa fin officielle en France en 1948 ainsi qu’à l’adoption de la loi du 10 mai 2001 reconnaissant la déportation, la traite esclavagiste et la colonisation de millions d’êtres humains. Mais est-il opposé aux commémorations du 11 novembre et du 8 mai ? Et j’ajouterai puisque c’est le fonds de commerce habituel de son parti à la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, le 19 mars ?

    Ces questions doivent lui être posées le plus rapidement et le plus fermement possible puisqu’il est élu d’une ville dont l’histoire est intimement liée à celle d’un très grand patriote, combattant de la liberté, qui a défendu le sol national français et en premier lieu celui de Villers-Cotterêt toute sa vie. Ce grand patriote, combattant de la liberté devenu général de division et dont le nom est inscrit sur le fronton de l’Arc de Triomphe à Paris : le général Alexandre Dumas !

  6. Tundanonga dit :

    Mon cher Claude,

    Parfois on ne peut ne pas se demander, si chaque jour n’est pas un Premier Avril. Est-ce que l’acte de ce maire n’est pas anti-constitutionnel? Mais indépendamment de cela, ce Mr. lance un cri de détresse: un cri de détrasse, parce qu’il ignore l’Histoire de sa patrie, il ignore, que sans l’armée des Noirs levée par Le Chevalier de Saint-Georges, armée dans laquelle Dumas sr. avait le rang de général, la Révolution de 1789 aurait été un échec cuisant.
    Que faire? Il faut lui venir en aide. Ce Mr. désire s’instruire, améliorer sa culture générale et connaître les aspects ignorés des programmes scolaires français.
    Mon cher Claude,
    Le Souvenir de la Mémoire et du Souvenir est un travail de longue haleine: ce qui sont des héros pour les uns, sont de traîtres pour les autres. La France est un pays, qui est toujours rattrappée par son passé. Il faut t’investir à long terme, dans son éducation civique.

Ajouter une contribution