Les Antillais de Millau

Le 30 mai 2013, un curieux article était publié par le journal Le Midi libre par le journaliste Mathieu Lagouanère sous le titre Qui sont ces jeunes Antillais installés dans le centre.

Cet article relatait une réunion du « conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance » de la mairie de Millau (Aveyron) entièrement consacrée aux « Antillais » installés dans cette ville, ce qui, de toute évidence, constituaient un sujet d’inquiétude pour la municipalité et en particulier pour le maire de l’époque, Guy Durand (parti socialiste).

54 jeunes Antillais avaient en effet été « recensés » par le maire au motif qu’ils étaient originaires de l’île de Saint-Martin et qu’ils étaient suspectés d’être des délinquants dans la mesure où une affaire de drogue avait récemment mis en cause certains d’entre eux.

Bien que les jeunes installés à Millau soient aussi français que lui, le maire s’était adressé en ces termes aux « autorités de Saint-Martin » :

« La ville de Millau est en crise, on ne peut pas accueillir des jeunes sans formation, une population que l’’on a du mal à intégrer. »

En 2010, une affaire criminelle avait défrayé la chronique avec l’assassinat à l’arme blanche, par une bande de 18 hommes, âgés de 23 à 32 ans, de Jean Robald d’Haity, âgé de 20 ans.

Le lynchage, présenté comme une expédition pour « niquer les blacks », faisait suite à une bagarre survenue, un an plus tôt, entre les meneurs du groupe – les frères Laanizi, d’origine marocaine – et un autre habitant de Millau d’origine antillaise.

Le  8 mai 2010, avant veille de la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, une bande d’au moins 18 hommes, armés de couteaux, de battes de base-ball et d’un sabre japonais, le visage dissimulé par des cagoules, à la façon du Ku Klux Klan, avaient défoncé la porte de  Jean-Ronald d’Haïty, qui se trouvait  dans son appartement, au 2e étage d’un immeuble, avec des amis, pour la plupart antillais. D’Haïty avait reçu un coup de couteau dans le dos et un autre dans le coeur. Trois personnes avaient sauté par la fenêtre, dont une femme qui s’était  cassé la jambe et un homme qui avait ensuite été poursuivi et poignardé par les agresseurs.

L’affaire a été jugée le 28 novembre 2014 par la cour d’assises de l’Aveyron. Les frères Laanizi ont écopé chacun de 15 ans de réclusion. Leurs principaux complices : Abdel-Malik Taghouzi, 13 ans de réclusion, et Vincent Tournadre, 10 ans.

 

 

 

 

 

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