Racisme : la stratégie du Bantoustan

Dans les pays où est institutionnalisé le racisme , la stratégie du Bantoustan est toujours plus ou moins appliquée.

Historiquement, un Bantoustan est une région (relativement) autonome créée arbitrairement par l’Afrique du Sud raciste à partir 1951 pour y assigner les Africains en fonction de leur origine, réelle ou supposée. Une partie de l’Afrique du Sud (13%) était appelée à être occupée par des Bantoustans, le reste étant destiné à former une Afrique du Sud « racialement pure » (sans Africains ni Afro-descendants).

L’idée était de retirer à tous les Africains la nationalité sud-africaine, pour que l’Afrique du Sud soit réservée aux Euro-descendants. Les Africains nés en Afrique du Sud étaient automatiquement affectés par l’administration à un Bantoustan. Ceux qui, n’ayant pas la bonne couleur de peau, souhaitaient demeurer en Afrique du Sud, ou qui y étaient contraints pour survivre (ce qui était le cas de la majorité) avaient de ce fait un statut d’étranger immigré.

L’objectif de cette « épuration » était de déporter 55 % de la population d’Afrique du Sud sur 13 % du territoire.

Bien entendu, les Bantoustans étaient créés selon de prétendues « ethnies » pour diviser les Africains déportés.

Les Bantoustans, rebaptisés « homelands », ont été supprimés en Afrique du Sud avec la fin du régime de l’apartheid en 1994.

Malheureusement, le système du Bantoustan permet d’expliquer, ailleurs qu’en Afrique du Sud, des situations injustes et bien contemporaines.

En France, par exemple, il n’est guère possible aux Afro-descendants nés dans l’hexagone (plusieurs millions de citoyens français) d’être considérés comme des Français à part entière s’ils ne revendiquent une origine géographique susceptible de rendre compte de leur phénotype.

Il est ainsi, de fait, interdit à un originaire de la Guadeloupe ou de la Martinique né à Paris de se considérer comme parisien.

Tant que les mentalités n’auront pas évolué, qu’il l’accepte ou non, il restera, jusqu’à sa mort, un « originaire d’outre-mer » et sera considéré comme un citoyen de seconde zone, ouvertement assimilé à un immigré. Et même à un immigré de seconde zone, si – pour aller au bout de la logique que le système lui impose – il revendique haut et fort la qualité de descendant d’esclave.

 

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