Simon de Cyrène

Un tradition ancienne fait de Simon, originaire de Cyrène (ville de l’actuelle Lybie), un Africain mélanoderme et le premier saint africain.

Le Nouveau testament (Saint-Marc, Saint-Matthieu et Saint-Luc) dit que Simon de Cyrène fut désigné par les soldats romains pour porter la croix du Christ.

« Ils requirent pour prendre sa croix un passant qui revenait des champs, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus.» (Marc)

« En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, du nom de Simon, et le requirent pour porter sa croix. » (Matthieu)

« Comme ils l’emmenaient, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus. » (Luc).

Selon Jean, Jésus porte lui-même sa croix.

Vers 1500, le peintre florentin Biaggio d’Antonio (1466-1515) a immortalisé la scène de manière saisissante (notre illustration).

Le portement de croix détail

Le tableau, intitulé Le portement de croix est exposé au musée du Louvre à Paris. On y voit Simon de Cyrène tirant tristement une corde nouée à la ceinture du Christ, l’aidant ainsi à avancer. Il tient aussi le panneau ironique  « INRI »  (Jésus de Nazareth roi des Juifs) et les clous destiné à la crucifixion. la brutalité des soldats est fortement suggérée.

Par ce tableau, Biaggio d’Antonio réussit à concilier les différentes versions des apôtres :  Jésus porte seul sa croix, mais Simon de Cyrène est tout de même présent pour l’aider à avancer.

Par ailleurs, il illustre parfaitement certains commentaires qui font de Simon de Cyrène un double du Christ, envoyé par Dieu pour le soulager et partager sa passion.

On pourrait même aller plus loin : dans ce tableau, Simon de Cyrène incarnerait symboliquement la souffrance que les Africains commençaient à subir en ce début du XVIe siècle et qui serait subtilement mise en parallèle, par le peintre, avec la passion du Christ.

L’intervention de Simon de Cyrène pour aider le Christ fait l’objet de la 5e station du chemin de croix, dans la tradition catholique (liturgie du Vendredi saint, en usage depuis au moins le XIIIe siècle).

Les fils de Simon de Cyrène, Alexandre et Rufus, seraient devenus missionnaires.

Une abbaye d’Avignon, construite au XIe siècle, porte le nom de Saint Ruf, assimilé à Rufus, le fils de Simon de Cyrène.

Il est parfois soutenu que Simon de Cyrène est le même homme que Simon « niger », Simon ou Siméon surnommé « le noir », cité dans les actes des apôtres (13.1) comme étant l’un des prophètes ou docteurs de l’église d’Antioche.

« Erant autem in Ecclesia, quae erat Antiochiae, prophetae, et doctores, in quibus Barrabas, et Simon (Siméon dans le texte grec), qui vocabatur Niger, et Lucius Cyrenensis, et Manahen, qui erat Herodis Tetrarchae collactaneus, et Saulus »

« Et il y avait dans l’église d’Antioche, des prophètes, et des docteurs, parmi lesquels Barrabas, Simon, qu’on appelait « le noir », Lucius de Cyrène, Manahen et Saul, le frère de lait d’Hérode le Tétrarche. »

Certains Gnostiques, dont Basilide, qui vécut au IIe siècle, soutiennent que Simon de Cyrène serait Dieu, que ce serait lui qui aurait été crucifié et non le Christ. Cette thèse ésotérique découle peut-être d’une interprétation de la version de Matthieu, relativement ambigüe, où ce serait à Simon de Cyrène que l’on donnerait du vin à boire et que l’on crucifierait ensuite.

« …invenerunt hominem Cyrenaeum, nomine Simonem : hunc angariaverunt ut tolleret crucem eius. Et venerunt in locum, qui dicitur Golgotha, quod est Calvariae locus. Et dederunt et vinum bibere cum felle mistum. Postquam autem crucifixerunt eum… »

« …ils trouvèrent un homme de Cyrène, du nom de Simon, et le requirent pour porter sa croix. Et ils arrivèrent à l’endroit qu’on appelle Golgotha, qui est le lieu du Calvaire. Et ils lui donnèrent du vin à boire, mêlé de fiel. Après quoi ils le crucifièrent… »

 

Dans un film de 1965 consacré à la vie du Christ, The Greatest Story Ever Told, c’est Sidney Poitier qui incarne le rôle de Simon de Cyrène.

Simon de Cyrene

 

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1 Contribution

  1. Muanda dit :

    C’est une petite parenthèse dans l’histoire de l’Empire romain, une pure invention imaginée à partir de l’histoire de la spiritualité africaine. Dires-je : Tout chemin nous détournait vers Rome, or arrivé à Rome on a compris que tout chemin menait vers l’Afrique, donc tout chemin mène en Afrique. Fin de la démagogie.

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