Un afro-terrorisme français ?

Un afro-terrorisme français ? Au XXIe siècle, à l’instar de Fabien Clain (notre illustration) ou d’Amédy Coulibaly, plusieurs Français d’ascendance africaine subsaharienne ont été impliqués dans des actes de terrorisme se réclamant de l’Islam ou accusés d’y avoir participé.

Il s’agit, dans la plupart des cas, de délinquants récidivistes qui se sont radicalisés en prison, où – au lieu de recevoir l’éducation dont ils étaient dépourvus – ils ont été endoctrinés par des « gourous », tels que Djamel Beghal, dit Abou Hamza, membre d’Al Qaida, proche de Ben Laden.

Teddy Valcy

Surnommé « Scoubidou », le Guadeloupéen Teddy Valcy a été condamné pour des faits de droit commun et s’est évadé deux fois. Il aurait été endoctriné en prison par Djamel Beghal.

Arrêté en 2010 à Gagny, alors qu’il était en possession d’un fusil d’assaut kalachnikov, Teddy Valcy a été accusé d’avoir préparé d’une part l’évasion de Smaïn Ait Ali Blekacem, l’artificier  de l’attentat du RER à la station Saint-Michel en 1995 et d’autre part d’avoir préparé des attentats terroristes.

Il a été jugé en 2013 avec une dizaine d’autres prévenus dont Chérif Kouachi, qui devait mener avec son frère l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015, et Amedy Coulibaly, responsable à la même époque de l’attaque contre l’hyper cacher de la porte de Vincennes et du meurtre d’une Martiniquaise, Clarissa Jean-Philippe, agent de police à Montrouge.

Bien qu’il ait été condamné à 9 ans de prison pour la préparation de l’évasion, le tribunal n’a pas retenu contre Teddy Valcy de charges relatives à des actes terroristes. Amedy Coulibaly a été condamné à 5 ans de prison et Chérif Kouachi relaxé dans cette même affaire.

Incarcéré à la centrale de Réau, et longtemps tenu à l’isolement d’une manière que son avocat a dénoncée comme inhumaine, Teddy Valcy aurait été libéré sous condition courant 2015.

Willie Brigitte

Né le 10 octobre 1968 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et converti à l’Islam en 1997, Willie Brigitte a été jugé et condamné à Paris à 9 ans de prison en février 2007 sur l’accusation d’ « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », pour avoir fourni des faux-papiers aux assassins du commandant Massoud. Il a été également soupçonné d’avoir préparé un attentat en Australie en 2003, contre des bases militaires de Sydney, en liaison avec une organisation radicale pakistanaise.

Willie Brigitte

Jeremy Louis-Sidney

Né à Melun en 1979, d’une famille originaire de Martinique, Jeremy Louis-Sidney,  condamné pour trafic de drogue à Grasse en 2008 et, converti à l’Islam, a été repéré pour s’être radicalisé. Alors que les policiers cherchaient à l’appréhender en octobre 2012 à Strasbourg, pour avoir jeté une grenade d’exercice (remplie de plâtre et en principe inoffensive) le 19 septembre 2012 dans un supermarché casher de Sarcelles, il aurait – selon la police – ouvert le feu avec une arme de poing avant d’être aussitôt abattu.

Louis SIdney

Abou al Qaqa al Fransi

C’est sous ce pseudonyme que l’État islamique a désigné l’un de ses combattants, un jeune Martiniquais de 19 ans, parti combattre en Syrie, et qui a été mené une attaque suicide contre un commissariat de Mossoul (Irak) le 23 mai 2014.

Abou al Qaqa Abou al Qaqa

Amédy Coulibaly

Amédy Coulibaly, né à Juvisy-sur-Orge (Essonne) le 27 février 1982, dans une famille originaire du Mali, n’est au début qu’un petit délinquant, condamné pour des faits de vol ou de détention de stupéfiants.

Passé à la grande délinquance, il rencontre en 2005, à la prison de Fleury Mérogis, Chérif Kouachi, chef de la filière djihadiste dite des Buttes-Chaumont, et Djamel Benghal.

En 2010, Coulibaly est impliqué avec eux ainsi qu’avec Teddy Valcy pour avoir participé à un projet d’évasion de Smaïn Ait Ali Blekacem, l’artificier  de l’attentat du RER à la station Saint-Michel en 1995.

Le 8 janvier 2015, Coulibaly, agissant en liaison avec les frères Kouachi, abat à Montrouge Clarissa Jean-Philippe une policière stagiaire martiniquaise  et blesse grièvement un agent de voirie qui tentait de s’interposer.

Le lendemain, 9 janvier, il prend en otage les clients et les employés d’un hypermarché casher à la porte de Vincennes, et tue 4 otages avant d’être lui-même abattu par les forces de l’ordre.

 

Fabien Clain

Fabien Clain, né à Toulouse, dans une famille originaire de La Réunion, s’est converti à l’Islam. Figure importante de la branche salafiste locale, il fait du prosélytisme avec son frère, ce qui amène « Les Réunionnais » à se rapprocher des frères Merah.

Lié à une filière belge organisant le départ de volontaires pour la Syrie, Fabien Clain est soupçonné en 2009 d’un projet d’attentat contre le Bataclan (sous prétexte que son propriétaire de l’époque, étant juif, organisait des concerts de soutien à la police des frontières israélienne). Condamné à 3 ans de prison pour avoir organisé des départs de volontaires vers la Syrie, Fabien Clain s’expatrie à son tour en 2014.

Suite aux attentats particulièrement meurtriers (130 morts et 350 blessés), perpétrés le 13 novembre 2015 contre le Bataclan, différentes terrasses de restaurants dans les 10e et 11e arrondissements de Paris et le stade de France, l’État islamique a revendiqué l’opération par un communiqué enregistré. Selon les enquêteurs, la voix qui lit ce communiqué effrayant et monstrueux est celle de Fabien Clain. La musique qui accompagne le communiqué serait chantée par le frère de Fabien Clain.

Outre ces figures connues, plusieurs dizaines d’Afro-descendants français anonymes se sont enrôlés en Syrie ou en Irak sous la bannière de l’organisation terroriste « État islamique » (Daech).

Plusieurs observateurs se sont inquiétés des conséquences de l’indifférence des pouvoirs publics et des médias face à la montée évidente de la négrophobie et du racisme en France.

L’endoctrinement et la radicalisation des jeunes les plus fragiles, exclus du système scolaire, exposés au chômage (plus de 50 % dans les DOM et les banlieues-ghettos), à la délinquance, et bien sûr en mal de repères, est hélas la conséquence de cette indifférence, ce qui n’excuse en rien la monstruosité des attentats.

Il convient également de noter que la part des Afro-descendants – au nombre de 5 – parmi les victimes des attentats perpétrés en France le 13 novembre compense très largement la part des Afro-descendants parmi les terroristes.

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