Un fort Napoléon en Guadeloupe

Le principal monument de Terre de Haut, aux Saintes, dépendance de la Guadeloupe, est un fort construit sous le second empire. Ce fort porte le nom de fort Napoléon.

Cette dénomination est particulièrement malvenue quand on sait que Napoléon fit rétablir l’esclavage à la Guadeloupe en noyant toute résistance dans un effroyable bain de sang.

Une loi française du 10 mai 2001 a déclaré l’esclavage pratiqué notamment à la Guadeloupe crime contre l’humanité.

L’hommage officiel ainsi rendu à Napoléon dans un département dévasté par ce crime et par la barbarie qui accompagna la ré-officialisation de ce crime est plutôt surprenant.

Bien entendu, les partisans de Napoléon soutiennent que le fort s’appelle Napoléon pour rendre hommage non pas à Napoléon 1er, mais à son neveu Napoléon III (le même type d’argument a été utilisé en Guyane pour défendre l’appellation de l’aéroport Rochambeau).

Cet argument fait sourire quand on sait qu’un autre fort en ruine, aux Saintes, s’appelle fort Joséphine.

Le nom de Napoléon, particulièrement méprisé en Guadeloupe et en Haïti, devrait l’être encore tout autant aux Saintes quand on sait qu’un véritable camp de déportation  réservé aux Afro-descendants y fut installé en 1802, sur les ordres de Napoléon.

Ce camp regroupait les anciens esclaves ayant porté les armes, mais aussi des civils, des femmes et des enfants.

Les Guadeloupéens enfermés dans ce camp étaient destinés à être discrètement vendus dans les îles étrangères avoisinantes. La malnutrition y fit des ravages et ce qui n’était à l’origine qu’un camp de triage devint un véritable camp de concentration.

Bien entendu, le musée installé au fort Napoléon et qui est censé relater l’histoire de l’île, passe ce monstrueux épisode sous silence.

 

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