Aniaba

Aniaba est un prince africain originaire d’Assinie (Côte d’Ivoire).

Il était le fils de la princesse Ba et d’un chef, il fut adopté par le frère du roi d’Assinie.

Sa venue en France est liée à l’arrivée en côte d’Ivoire, en 1687, de deux négriers Français : le chevalier d’Amon et le Palois Jean-Baptiste du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal.

Deux ans après la promulgation du Code noir, ces négriers viennent prendre contact avec le roi Zéna pour développer la traite, suite à la création, en 1684, de la Compagnie de Guinée.

L’idée des deux affairistes est de ramener avec eux un jeune prince – ou du moins un jeune homme astucieux qui puisse tenir ce rôle – afin de décider le roi à les aider et pour faire de cet Africain un allié utile dans l’expansion ultérieure de leur commerce.

Aniaba, accompagné de son cousin Banga, arriva en mai 1688 à La Rochelle et, de là il passa à Paris. Au début, sa présence fut discrète.

Mais sa brusque conversion religieuse – peut-être orchestrée pour pousser Louis XIV à investir en Guinée – et qui aurait été occasionnée par une visite de Notre-Dame-de-Paris, fut très remarquée.

Aniaba fut dès lors l’objet de toutes sortes d’attentions.

En 1691, il fut baptisé par Bossuet dans l’église des missions étrangères avec le prénom de son royal parrain, Louis.

Bénéficiant de la protection, évidemment intéressée, d’un roi auquel il est présenté, « Louis-Jean » Aniaba obtient une substantielle pension et l’année suivante un brevet d’officier dans un régiment de cavalerie, ce qui, pour un Africain en France, est certainement sinon une première, du moins quelque chose de peu courant.

Banga reçoit également un brevet et devient sous-lieutenant, en garnison à Gravelines, Bergues, Marsal et Tournai.

On crée en son honneur, le 12 février 1701, l’ordre de chevalerie de l’Étoile-Notre-Dame.

Au printemps 1701, après la mort du roi Zéna, un navire fut affrété en urgence par Louis XIV pour qu’Aniaba puisse monter sur le trône et favoriser la Compagnie de Guinée.

Aniaba et Banga repartent, après 13 années passées en France.

Mais à l’arrivée, Aniaba déçoit : un roi est déjà sur le trône. Personne ne s’intéresse à lui.

Il a été dit qu’Aniaba, se dépouillant de ses oripeaux européens et abjurant le christianisme pour retrouver le culte animiste, aurait alors fait preuve d’une ingrate et cinglante ironie vis-à-vis de ceux qui avaient misé sur lui pour développer colonisation de l’Afrique.

Le portrait d’Aniaba, peint par Oudart-Augustin Justina, où il est représenté en compagnie de Louis XIV et de Bossuet a été perdu.

Il reste une gravure (illustration).

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