Battling Siki

Battling Siki : tel était le nom de guerre du boxeur Mbarick Fall, né à Saint-Louis (Sénégal) en 1897.

Remarqué encore enfant par une danseuse alors que, pour survivre, il en était réduit à plonger du haut d’une falaise pour récupérer des pièces de monnaie qui étaient jetées dans la mer par les colons français, il arrive en France avec l’espoir d’y devenir boxeur.

Ses premiers combats sont interrompus par la première guerre mondiale, à laquelle il participe avec vaillance, ce qui lui vaut la croix de guerre et la médaille militaire.

La paix revenue, Battling Siki remonte sur le ring et, après une quarantaine de combats victorieux, c’est l’apothéose en septembre 1922.

Battling Siki, devant 40 000 spectateurs, affronte Georges Carpentier, l’idole des Français, au stade Buffalo de Montrouge.

Georges Carpentier, très sur de lui, est pressé d’en finir : « Dépêchons-nous, il va pleuvoir ! » lance-t-il à son adversaire qui réplique un peu plus tard, narquois : « Vous ne frappez pas très fort, Monsieur Georges ! »

Carpentier est terrassé par l’Africain au 6e round.

L’arbitre tergiverse 20 minutes avant de déclarer le Sénégalais champion du monde, mais il doit s’y résoudre, sous la pression des spectateurs.

Dès lors, Battling Siki devient une star. Il surprend par ses excentricités, se promenant parfois dans les rues de Paris avec un lion en laisse.

 

Battling Siki est volontiers traité de « sauvage », alors qu’il est au contraire un dandy très urbain amateur de champagne et de cigares. Il provoque souvent les racistes et ses sorties publiques créent l’émeute.

Ses frasques, certainement exagérées, et surtout ses apparitions au bras de jolies Françaises, défraient la chronique.

Certains journaux l’appellent le « Championzé »

Installé aux États-Unis en 1923, Battling Siki, plus provocateur et bagarreur que jamais ans un pays ségrégationniste, sera abattu de deux balles dans le dos à New York en 1925, au pied d’un immeuble de la 41e rue pour avoir dérangé l’ordre établi et épousé une femme à la peau blanche.

 

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3 Contributions

  1. BOUNA NDIAYE dit :

    Son fameux cri de guerre – « Siggil ! Siggil Way ! » – lui a valu le sobriquet de Siki.

  2. Abdou Wahab Diop dit :

    Il s’appelle Mbarick Fall et non Baye Fall comme on le lit quelquefois. Je suis un Saint-Louisien comme lui et j’habite toujours dans cette merveilleuse ville. Il est née à Guet Ndar le premier quartier de Saint-Louis ( c’est aussi le quartier des pêcheurs).

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