Bouna Traoré

Bouna Traoré, alors qu’il était âgé de 15 ans, est mort le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois. Il était poursuivi par la police avec son ami Zyed Benna, 17 ans.

Tous eux étaient les fils d’éboueurs travaillant pour la ville de Paris.

Les deux adolescents s’étaient réfugiés près d’un transformateur à haute tension et ils sont morts foudroyés par une décharge de 20000 volts et une température de 2000 degrés, sous l’oeil – indifférent pour certains – des policiers lancés à leurs trousses.

Il est plus que probable que les policiers qui cherchaient à interpeller les adolescents les avaient pris pour cible du fait de leur apparence, et que les adolescents redoutaient d’être maltraités gratuitement, ce qui n’est pas rare dans les banlieues.

Outre l’hystérie haineuse d’Alain Finkielkraut et de ses émules, ce triste événement déclencha trois semaines d’émeutes qui révélèrent au monde entier le caractère institutionnel du racisme français, les ghettos, le chômage et le désespoir des jeunes Français issus de l’immigration, et aussi la relative impunité dont jouit parfois la police.

À la même période, des policiers venaient de tirer une grenade lacrymogène dans une mosquée, selon le maire de Montfermeil :

« Je descends, j’arrive à la caserne de pompiers et Claude [Dilain] me rejoint quasi instantanément, on prend la voiture. On arrive sur les lieux et tout de suite on voit que l’on est passé à autre chose. Ce qui m’a frappé c’est l’ambiance qui régnait dans la mosquée, j’ai eu le sentiment que l’on était dans une autre dimension. La mosquée était pleine de gaz lacrymogène, on peut contester tout ce qu’on veut sur la façon dont les gaz sont entrés, mais il y en avait plein, tout le monde pleurait. J’ai vu des hommes mûrs, avec chez eux une violence dans les paroles. La colère ne venait plus de la même partie de la population, les jeunes, et j’ai senti que là, il se passait effectivement quelque chose».

Deux gardiens de la paix, Sébastien Gaillemain et Stéphanie Klein, ont été poursuivis pour non-assistance à personne en danger.

Après dix ans de procédure, ils ont été mis définitivement hors de cause par le tribunal correctionnel de Rennes le 18 mai 2015, une décision qui a suscité une immense émotion et divisé la France en deux.

Aucun journaliste du pays des droits de l’homme n’a jamais eu le courage d’écrire que Bouna Traoré, uniquement présenté en fonction de sa couleur et de ses origines, était un petit Français.

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1 Contribution

  1. Joss Rovélas dit :

    En France, la justice n’est pas la même selon qu’on est riche ou pauvre. Mais si vous êtes non-blanc (afro-descendant, africain) c’est encore plus dur au pays des droits de l’homme blanc.

    Il est quasiment impossible d’attendre le moindre changement qui aille dans le sens de l’égalité entre Français.

    Pour qu’il y ait des changements il faudrait un puissant rapport de forces qui ne pourrait résulter que d’un mouvement de fond, d’un tsunami social remettant en cause l’ordre institutionnel raciste qui gouverne ce pays.

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