D’où vient le mot métis ?

Le terme métis vient du latin mixtus qui signifie mélangé.

Le « mélange » qu’évoque le terme métis, dans l’esprit de ceux qui l’utilisent (les Européens des pays esclavagistes et colonisateurs et dans une moindre mesure ceux qui s’efforcent d’adopter leur langage) est bien évidemment celui de deux « races » différentes.

Le terme « métis » – quoique moins violent que mulâtre – est néanmoins un terme à connotation raciste.

Métis est une façon de signaler par le langage le fait qu’un individu n’est pas un « blanc » de pure « race », comme si le terme d’Afro-descendant ne suffisait pas.

C’est un terme qui, indiscutablement dénote l’obsession raciste dominante, comme si la norme était d’avoir la peau « blanche » et qu’il fût nécessaire de se justifier quand tel n’est pas le cas.

Métis, au même titre que sang-mêlé ou mulâtre est un terme malheureusement utilisé par de nombreux Afro-descendants sans repères, soucieux de trouver une identité fondée sur la « race » et de justifier leur présence parmi des « blancs » qui ne voient en eux que des « noirs ».

En vérité, personne n’a à se justifier de ses origines ni de la couleur de sa peau : des détails qui devraient n’avoir aucune importance dans un pays civilisé.

 

 

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18 Contributions

  1. Evita dit :

    Quand j’étais au collège, pour définir le mot « métis », mon dictionnaire Larousse indiquait : 1.biologie: croisement de deux RACES. Le mot était surtout propre au domaine de l’élevage d’ovins. De même le mot « chabin » désigne une RACE de mouton. Aujourd’hui le mot « métis » a tellement été galvaudé qu’on en est arrivé à l’appliquer aux humains comme une caractéristique culturelle positive et valorisante !

  2. Meriam dit :

    Je suis tunisienne : chez moi, être métisse c’est avoir le peau claire. Les noirs disent tu n’es pas vraiment noire. La plupart des blancs disent tu l’es (noire) et d’autres disent t’es ni noire ni blanche !

    • Rolande Décombes dit :

      Tu es tout simplement une femme car la couleur de peau ne détermine pas notre être.

      • LaCec dit :

        Il ne faut pas confondre couleur de peau (il y en a des centaines de combinaisons entre le brun très foncé et le beige très clair), qui est purement descriptif, et les races (blanc – noir – jaune – rouge principalement) qui sont des concepts, des manières de mettre en commun des gens qui n’ont parfois rien en commun, et donc des éléments d’une idéologie qui a mené à des politiques de mise en application des idées / notions de race.

  3. Grégoire dit :

    Dans les années 50 , les Martiniquais – enfants comme adultes – confondaient un « mulâtre » et un Béké et dès qu’ils voyaient des gens à la peau plus claire, pour eux c’étaient des Békés. Longtemps mon frère, ma soeur, et moi avons été considérés comme des enfants de Békés. On est allé jusqu’à s’en prendre a moi, en me poussant dans une rivière grossie par de grandes pluies.

  4. Le mot « métis » a également été fortement utilisé par les espagnols (d’où les termes mezcla pour mélange, mestizaje pour métissage) par rapport à des enfants issus de relations entre colons espagnols et amérindiens (et moins par rapport à ceux issus de relations entre colons espagnols et africains). De plus, les espagnols avaient plus de considération (mais c’est relatif) envers les métis en raison de la « limpieza de sangre » tandis que la France a adopté une vision commune avec l’Angleterre car une ascendance non-blanche provoquait un dénigrement social pour nombre d’individus.

  5. FELIX-EDMOND dit :

    Un « métis » est nommé peau …chappée = sauvée … Horrible, non?

  6. LaCec dit :

    Bon ben, je crois que je vais arrêter mon blog ! Une Autre Histoire a tout dit !!!

    Et on dirait que ce sujet-ci est bien révélateur de la manière dont la pensée raciste s’insinue partout, se métamorphose en fonction des contextes, pénètre au coeur même de notre perception de l’autre.

    Ce terme « métis » est « l’épitome » de la perversion raciste: un semblant de positivité pour cacher le pire: l’imposition d’une « identité », une étiquette qui vous colle et vous poursuit comme une marque au fer rouge… et DECIDE des événements de votre vie au gré de vos rencontres fortuites ou forcées !

    Et si vous la contestez, si vous refusez de désigner les autres ainsi, c’est souvent vous qu’on prend pour un(e) imbécile, comme si vous refusiez l’évidence. Alors que vous le savez: l’évidence c’est le profond racisme que véhiculent tous ces termes: « métis », « noir », « blanc », « jaune », « rouge »…

    • lok dit :

      Bravo à vous LaCec. Vous avez tout compris. Quand je pense qu’il y a des gens qui sont heureux qu’on les appelle « hommes de couleur »…

  7. Fadoul Destine dit :

    Si on regardait dans la Bible les relations entre les Hébreux (sortis de l’esclavage en Egypte ) et les Cananéens, parlerait-on de métis ? Certainement pas. Alors, quand il s’agit des Etats-Unis, parler d’un premier président « noir », c’est ignoble pour un Pays se disant démocratique . L’idéologie du « métis » est propre à l’ancien système esclavagiste français.

  8. Oka dit :

    Je trouve curieux qu’on dise que les « métis » sont noirs.

    Ils sont aussi blancs que noirs. Mais on entend partout qu’Obama est le 1er président « noir » des USA. Pourquoi ? Que fait-on du fait que sa mère est blanche ?

    J’ai du mal avec cette façon de dire les choses.

    • Soleilman dit :

      Bonjour Oka,

      Vous croisez Monsieur OBAMA dans la rue (il n’est pas président mais juste un citoyen anonyme), vous ignorez la couleur de ses parents, dans votre première perception visuelle vous le percevez et l’identifiez comment ?

    • Hugues Girard dit :

      La chose n’etant pas scientifique, tout depend du lieu et de l’ideologie derriere l’interpretation des faits: aux USA, par exemple, une goutte de « sang noir » fait du metis un « black », un « negro » sans égard a son apparence aussi « blanche » qu’elle puisse être.
      En Haiti, c’est exactement l’inverse: une goutte de « sang blanc » fait du metis un « ti blan », un milat.

    • Ali dit :

      Dans le « Code noir », à l’époque de la traite négrière occidentale, il était écrit que si un individu a 1% de « sang noir » en lui, il est considéré comme noir.

      Ce raisonnement a traversé les siècles pour rester dans les mœurs, surtout aux États-Unis.

      Les colons ne voulaient pas admettre qu’une personne ayant du « sang noir » puisse leur être semblable, même si c’était leur enfant.

      • Théo B. Francis dit :

        Je suis étonné d’apprendre ça. Au Canada, on appelle métis les descendants des colons français et des Indiennes. Les descendants d’un « noir » et d’une « blanche » ou d’un « blanc » et d’une « noire » sont des « noirs ». Mieux, si leur enfant épouse une « blanche », leur enfant est toujours « noir ». Curieusement ici la couleur n’est plus importante. Parce que certains de ces enfants ont une peau parfaitement blanche, mais on les appelle des « noirs ». Je connais une fille dont le père est québécois blanc, mais dont la mère est vietnamienne. de ce fait, elle a dû passer par un programme de discrimination positive pour avoir son travail. C’est incroyable. Je crois que tout cela changera avec le temps.

    • Jerry dit :

      Cela remonte à l’esclavage : n’importe quel individu ayant une origine africaine, même infime, était considéré comme « noir ». C’est toujours le cas aux USA.

  9. DAVID CROCO dit :

    Ma mère est d’origine tunisienne, mon père réunionnais blanc, et moi je pensais être métis.

    Pour moi le mot métis ne concernait pas que les noirs.

    Un enfant d’origine chinoise et chilienne est-il métis ?

    • LaCec dit :

      Cela dépend des sociétés et de la manière dont le racisme (l’idéologie) s’y est construite, les éléments qui l’ont constituée dans cette société particulière.

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