Esclavagistes et proxénètes

Une habitude assez courante de toutes les colonies esclavagistes fut d’acheter de jolies esclaves non seulement pour que le propriétaire puisse en abuser sexuellement, mais aussi pour en tirer un substantiel profit.

Il existait un marché parallèle et officieux concernant les jolies femmes esclaves. Ce marché était destiné bien sûr à permettre aux esclavagistes amateurs de beautés africaines de s’approvisionner. Les prix n’avaient rien à voir avec le marché courant.

C’est sur ce marché que s’approvisionnaient les maisons de prostitution qui étaient nombreuses et très fréquentées dans les colonies (notamment par les « petits blancs », les soldats, les marins, qui n’avaient pas les moyens d’acheter une esclave, surtout jolie).

Tous les témoignages sont concordants : les moeurs, déjà extrêmement relâchées dans l’Europe du 18e siècle, étaient incontrôlables aux colonies.

Une autre pratique très courante pour les maîtres de jolies esclaves consistait à les louer, à la journée, à la semaine, au mois, ou de leur imposer de racoler en ville, avec l’obligation de revenir chaque jour ou chaque semaine avec une somme fixée par le maître.

Toutes ces pratiques existèrent aux États-Unis jusqu’en 1865 et certainement au-delà.

Bien entendu, certaines esclaves étaient discrètement vendues (ou louées) à des maisons de prostitution européennes. Outre les maisons spécialisées – les fameux bordels à négresses – l’engouement pour les prostituées afro-descendantes fut frénétique dans le Paris du 18e siècle.  Des noms nous sont parvenus : on sait qu’une certaine Betsi (ou Betzi) était très demandée. Les prostituées européennes et les maquerelles les employant se plaignirent tout à fait officiellement de ce qu’elle estimaient être une concurrence déloyale.

Ce qui était vrai pour les femmes le fut très certainement pour les jeunes hommes et, hélas, les enfants.

Les historiens officiels des anciens pays esclavagistes sont généralement très discrets sur ces sujets. Mais quand on sait comment sont traitées certaines femmes – de toutes couleurs – dans des pays dits civilisés où l’esclavage est théoriquement aboli, quand on sait la demande des Européens pédophiles en Haïti, ils pourraient imaginer ce qu’il en était sous le régime du Code noir.

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