Exclusif : la soeur du chevalier de Saint-George

La Guadeloupéenne Elisabeth-Bénédictine de Bologne (1740-1826), demi-soeur aînée du chevalier de Saint-George, loin d’être la pimbêche embarrassée de préjugés que d’aucuns ont voulu faire d’elle, était une femme libérée, courageuse et antiraciste.

Elle aida toujours son frère, y compris financièrement. Tout porte à croire qu’elle était extrêmement fière de lui.

Vivant très librement à Paris, ayant loué un appartement dans le couvent de la rue Saint-Dominique (aujourd’hui ministère de la Défense) où elle ne se gênait pas pour recevoir, elle voyait souvent le chevalier de Saint-George et ne manquait aucun de ses concerts.  Elle finit par se marier au baron de Clairfontaine (1750-1806) qui a laissé son nom à un lieu-dit des environs de Basse-Terre. Son mari s’occupant de la propriété esclavagiste de Guadeloupe, la baronne continuait à vivre librement.

C’est à l’un de ses amis qu’elle fit don de ce portait, dissimulé dans le couvercle d’une tabatière pour que l’intéressé puisse penser à elle à chaque prise de tabac.

En souvenir de son demi-frère, mort trois ans plus tôt, la baronne de Clairfontaine, qui haïssait Napoléon et – en opposition totale avec les gens de son milieu et avec ses propres intérêts – approuvait l’abolition de l’esclavage, risqua sa vie en 1802 en accordant refuge et secours à toute la famille de Toussaint Louverture qui s’installa chez elle, à Agen.

Elle aida notamment Placide Louverture qui était tombé amoureux d’une jeune fille des environs et qui finit par l’épouser.

Cette attitude lui valut d’être déshéritée par sa belle-mère à la mort du baron de Clairfontaine (1806).

N’ayant pas eu d’enfant, elle mourut en 1826 dans un couvent auquel elle légua le peu qui lui restait et, probablement, le violon de son frère auquel elle tenait tant.

Une Autre Histoire a retrouvé, en exclusivité mondiale, son portrait qui n’a jamais été montré publiquement et que de nombreux historiens ont vainement recherché jusqu’à ce jour.

bibliographie : Claude Ribbe Le chevalier de Saint-George, Perrin, 2004 et Mémoires du chevalier de Saint-George, Alphée, 2010

© Une Autre Histoire 2013

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1 Contribution

  1. LaCec dit :

    En voilà des histoires comme on les aime, qui inspirent pour ne pas relâcher le combat contre le racisme !

    Il fallait quand même le faire, accueillir toute la famille de Toussaint chez soi !

    Merci de rendre hommage à tous ces antiracistes, quel que soit leur apparence et leurs origines.

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