Guillaume Guillon Lethière (1760-1832)

Guillaume Guillon Lethière est originaire de Sainte-Anne (Guadeloupe).

Fils légitimé d’un magistrat de la colonie et d’une Afro-descendante affranchie, Lethière vient en France étudier la peinture, à Rouen sous la férule de Descamps, puis à Paris chez Doyen.

Pendant cette période d’apprentissage, Lethière devient l’ami d’autres Afro-descendants : le  chevalier de Saint-George et le général Dumas. Comme eux, il excelle à l’escrime.

En 1784, il remporte le prestigieux prix de Rome et part séjourner au palais Mancini.

De retour à Paris en 1792, il prend le parti de la Révolution et immortalise les exploits du général Dumas.

En 1800, il accompagne à Madrid son protecteur Lucien Bonaparte qui y est nommé ambassadeur et désire constituer une collection.

Guillaume Guillon Lethière Le serment des ancêtres

Au début de l’Empire, Lethière ouvre « la Childebert », un célèbre atelier près de l’église Saint-Germain-des-Prés où l’on pratique autant l’escrime que la peinture.

En 1803, une rixe survient au café militaire de la rue Saint-Honoré.  Lethière, pris à partie par plusieurs officiers, en tue un et blesse les autres. Son atelier est fermé et il part en exil sous le prétexte d’accompagner Lucien Bonaparte en Allemagne.

Le serment des ancêtres, collections nationales de la République d’Haïti

En 1807, Lucien Bonaparte intercède avec succès pour que Lethière obtienne le poste très convoité  de directeur de l’Académie de France à Rome qu’il va occuper pendant 9 ans.

Ayant quitté la villa Médicis en 1816, Lethière ouvre un nouvel atelier dans l’ancien palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés.

Elu dès 1816 à l’Académie des beaux-arts, Lethière, soupçonné d’être peu favorable aux Bourbons et peut-être aussi pénalisé par ses origines, doit attendre deux ans avant que son entrée soit entérinée par Louis XVIII.

En 1819, il est nommé professeur à l’École des beaux-arts de Paris.

En 1822, Lethière peint deux tableaux « afro-antillais » : Le serment des ancêtres, offert à la république d’Haïti que la France menaçait alors de reconquête et Saint-Benoît de Palerme ou Saint-Benoît le Maure (dont la gravure est reproduite dans le Catéchisme à  l’usage des hommes de couleur de l’abbé Grégoire).

Guillaume Guillon Lethiere portrait 1799

L’artiste devient à cette époque le protecteur du jeune Alexandre Dumas.

«J’entrai chez mon ami le père Lethière, témoigne l’écrivain. Je fus reçu comme toujours. Mieux que toujours peut-être. Monsieur Lethière était fort libéral. On me servit de ce fameux tafia qui venait de la Guadeloupe et que j’aimais tant. »

C’est à l’Institut, chez Lethière, que le jeune auteur trouve un refuge providentiel alors qu’il est poursuivi par des soldats de Charles X lors de la révolution de juillet 1830.

L’œuvre de Lethière, résolument néo-classique,  se partage entre des peintures d’inspiration mythologique, des évocations de l’histoire de France et des portraits. On lui doit également de très nombreux dessins.

Le communard Melvil-Bloncourt a lancé, à la fin du XIXe siècle, l’idée d’un musée Lethière en Guadeloupe

© www.une-autre-histoire.org

en savoir plus : Claude Ribbe Une Autre Histoire (le cherche midi 2016)

 

 

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