Haïti 1802 : la frégate des traîtres

Pour aller rétablir l’esclavage à Saint-Domingue, Napoléon avait prévu qu’un bateau portant les collaborateurs « de couleur » parte de l’île d’Aix, où le fort de la rade servait de cantonnement aux troupes « noires ».

C’est la frégate de 44 canons La Vertu (anciennement La Cocarde) qui fut désignée pour assurer ce transport.

C’est donc sur La Vertu qu’embarquèrent en novembre 1801 Chanlatte, Pétion, Rigaud et Villatte. Il est assez probable que le général Dumas – en quête d’un emploi – fut sollicité par Berthier pour les accompagner, mais qu’il refusa.

Le capitaine de La Vertu, François Montalan, avait reçu des ordres secrets de Bonaparte.

Il devait traîner derrière le reste du convoi et agir en fonction de l’accueil qui serait réservé à l’expédition.

Si Toussaint résistait – ce qui fut le cas – les troupes noires devaient être débarquées pour être engagées contre les « brigands ».

Si Toussaint se soumettait, La Vertu avait ordre de faire demi-tour sans accoster et de mettre le cap sur Madagascar.

Dans ce cas, les troupes noires et les officiers auraient été débarqués au comptoir français de Fort Dauphin (devenu Fort-la-Loi) qu’un esclavagiste – Bory de Saint-Vincent- tentait alors de réactiver. Là, ils auraient probablement été vendus comme esclaves dans les colonies des Mascareignes.

La frégate La Vertu servit ensuite à déporter vers la France les Antillais qui ne furent pas tués sur place.

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