Jacques Foccart (1913-1997)

Jacques Foccart est le fils d’Elmire de Courtemanche, une « Béké » (ou créole) de la Guadeloupe, et de Guillaume Koch-Foccart, un Français d’origine alsacienne qui devint maire de Gourbeyre (Guadeloupe).

Né en Mayenne en 1913, Foccart vécut dans la plantation de ses parents, en Guadeloupe, jusqu’à l’âge de 6 ans et garda des liens étroits avec l’île et avec les Békés des Antilles.

Après avoir joué un jeu assez trouble en Mayenne pendant l’Occupation, Foccart rejoignit De Gaulle  à Londres en 1943 et opéra dans les services secrets de la France libre.

À la Libération, il fut, avec Jacques Soustelle, l’un des fondateurs de ce qui allait devenir le SDECE (service de documentation extérieure et de contre-espionnage, aujourd’hui DGSE).

Homme de confiance de De Gaulle, ayant renoncé en 1952 à son patronyme de Koch-Foccart pour devenir Foccart tout court, le « Béké » de Gourbeyre devint, à partir de 1958 le conseiller spécial du Général pour les affaires africaines, mais aussi pour les Antilles et la vie politique.

Il continua à exercer une influence plus ou moins occulte jusqu’à sa mort en 1997, notamment sous les présidences de Georges Pompidou, de Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac.

C’est le tout puissant Foccart qui géra la décolonisation de l’Afrique saharienne en organisant la Françafrique qui a succédé à l’Empire.

En clair, c’est lui qui donnait directement les ordres à de nombreux Chefs d’État que la France avait plus ou moins désignés.

Homme de l’ombre, utilisant ses célèbres réseaux, Foccart, fondateur du SAC, est soupçonné d’avoir participé à tous les « coups tordus » de la Ve République.

Son nom est notamment cité dans le massacre de 1967 en Guadeloupe, dans l’exécution de Félix Moumié, mais aussi dans l’affaire du ministre assassiné Boulin (1979).

 

 

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3 Contributions

  1. FELIX-EDMOND dit :

    Ah oui, vraiment : un criminel et une âme damnée !

  2. Hector Déglas dit :

    Ne restons pas dans les euphémismes ! Bien sûr que Foccart est un vrai criminel. Tous les mérites de De Gaulle ne doivent pas faire oublier sa culture profondément colonialiste. C’est De Gaulle qui refuse à Ho Chi Min l’indépendance du Vietnam en 1946, ce qui mènera à Dien Bien Phu.

    Quant à Foccart, compte tenu de ses affinités « blanches-créoles » (pour moi, les Békés sont plutôt martiniquais) il tisse très vite des liens d’amitié avec nombre d’intellectuels afro-subsahariens et se lance dans des affaires en Afrique, favorisant l’implantation d’entreprises françaises tant en AOF qu’en AEF. Pourtant, sur ce plan-là, il restera un homme assez intègre et fidèle en amitié, mais foncièrement nationaliste et anticommuniste.

    Par d’autres aspects, il fut un véritable gangster (dès 1943), spécialiste des coups tordus, des assassinats de patriotes africains et d’interventions militaires (ainsi au Biafra, au Katanga, etc.). Il n’hésita pas à utiliser des mercenaires comme Bob Denard.

    En 1967, je l’ai déjà signalé, c’est lui qui, en l’absence de De Gaulle (ce dernier ayant déjà quitté l’Elysée) et par dessus la tête de Billote (ministre de l’Outre-Mer, gaulliste-de-gauche et maire de Créteil), ordonne de tirer sur les grévistes. Il sait que ce sont des grévistes. Messmer s’y serait sans doute opposé comme en mai 68. Mais Foccart le met devant le fait accompli. Messmer donne alors des instructions à Quillichini, général de corps d’armée à Fort-de-France.

    Le lendemain, Foccart présentera l’affaire à De Gaulle comme un complot castriste anti-français. Foccart est un criminel que devrait juger le TPI, même à titre posthume ! Il fut vraiment l’âme damnée du général.

  3. Joss Rovélas dit :

    Cet homme a été un criminel contre l’humanité en puissance durant toute sa vie, dans la droite ligne des crimes et génocides négrophobes commis par ses ancêtres békés dans toute la Caraïbe. C’est effectivement lui le maître d’oeuvre de la boucherie coloniale de 1967 en Guadeloupe.

    Jusqu’à présent tous les chefs d’Etat français ont occulté toute lumière sur cette page d’histoire criminelle.

    François Hollande, interpellé récemment, s’en est lavé les mains en passant le dossier au ministre napoléonien Valls. C’est tout dire.

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