Laurence Rossignol

En réparation de l’offense subie par la communauté noire de France injuriée par la ministre Laurence Rossignol  le 30 mars 2016, une pétition a été lancée le 3 avril pour exiger l’ouverture d’un centre Dumas dédié aux noirs de France .

Laurence Rossignol, ministre socialiste chargée des « familles, de l’enfance et des droits des femmes », a comparé publiquement le 30 mars 2016, en direct sur RMC, les femmes qui souhaitaient porter le voile « aux nègres qui étaient pour l’esclavage » déclenchant aussitôt un tollé tant à propos du fond qu’à cause de la forme.

Croyant se rattraper, la ministre a précisé qu’elle faisait allusion aux « nègres américains » :

« Il y avait des nègres afric… des nègres américains qui étaient pour l’esclavage ! »

Sur la forme, il n’est pas possible qu’une ministre de la République française puisse s’exprimer publiquement et impunément en 2016 en parlant de « nègres ».

Sur le fond, elle aurait bien du mal à citer un « nègre » américain qui ait été partisan de l’esclavage ou qui ait eu du plaisir à être privé de liberté.

Par cette déclaration à connotation de toute évidence révisionniste, raciste et paternaliste, la ministre a non seulement donné la preuve de son ignorance, mais elle a fait offense à l’histoire des Afro-Américains – et en particulier des femmes – qui se sont battus pour l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits.

Il s’agit en outre d’un apologie caractérisée d’un crime contre l’humanité.

Une semaine après le lancement d’une campagne gouvernementale contre le racisme, cinq semaines avant la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, quelques jours après les brutalités policières visant un lycéen afro-descendant  de 15 ans, elle a également outragé plusieurs millions d’Afro-Français – pour la moitié des femmes –  pour lesquels cette histoire est encore vivante.

L’attitude du Président de la République et du Premier ministre à la suite de tels propos seront très éclairants quant au respect qu’ils portent aux Afro-Français, au-delà des postures électoralistes et des promesses non tenues, telles que la suppression du mot « race » de la constitution.

Le 31 mars 2016, dans l’émission C’est à vous, sur la 5 (France télévisions), Laurence Rossignol, a vaguement regretté d’avoir utilisé le mot « nègre ». La seule Afro-descendante de l’émission, Babette de Rozières, étaient aux fourneaux, tenant son rôle muet de cuisinière.

La ministre a maintenu ses propos au fond. Pour elle, les « nègres » américains – c’est-à-dire les Africains déportés outre atlantique et leurs descendants – étaient « pour l’esclavage » !

Plusieurs associations ont immédiatement organisé un rassemblement le 2 avril devant les locaux de la radio RMC.

Le rédacteur en chef adjoint de la station a accordé le principe d’un droit de réponse à Laurence Rossignol.

Une pétition a été lancée le 3 avril pour exiger l’ouverture d’un centre Dumas dédié aux noirs de France en réparation de l’offense subie par la communauté.

La réaction de Claude Ribbe

Les « nègres » vous emmerdent !
par Claude Ribbe
Le 30 mars 2016, quelques jours après le lancement d’une campagne invitant les Français à s’unir contre le racisme, quelques jours aussi  après la diffusion d’images choquantes montrant un jeune lycéen  roué de coups par la police, parce que sa couleur de peau, peut-être, équivalait à une autorisation de frapper, Laurence Rossignol, une ministre de la République, comparait  le port du voile par les femmes musulmanes qui font librement ce choix aux « nègres qui étaient pour l’esclavage ».
Tandis que la ministre, croyant se rattraper, évoquait par la suite une prétendue « faute de langage », certains s’empressaient de parler de «dérapage».
« Il y avait des nègres afric… Des nègres américains qui étaient pour l’esclavage ! » : tels sont les propos de Laurence Rossignol, tenus en direct sur RMC, l’une des radios les plus écoutées de France.
Si le mot «nègre» a parfois été utilisé par des Afro-descendants, c’était pour dénoncer l’esclavage et le racisme qui en fut le ciment. Mais à celui qui le traitait de nègre, Césaire répondait aussitôt : « Le nègre vous emmerde ! »
Quels sont donc ces « nègres  afric…», pardon, ces « nègres  américains » qui étaient « pour l’esclavage » ? Nat Turner ? Harriet Tubman ? Frederick Douglass ? Henry Bibb ? Solomon Northup ? Toussaint Louverture ? Louis Delgrès ? Solitude ? Flore Gaillard ?
À quelques semaines de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, qu’une loi votée en 2001 déclare crime contre l’humanité, la déclaration de cette ministre et l’absence de réactions officielles immédiates conduisent, hélas, à se poser des questions.
En 2012, les descendants de ces « nègres » dont certains auraient, selon la ministre, été favorables à leur propre déshumanisation, à leur propre martyre, à leur propre génocide, ont majoritairement porté François Hollande à la présidence de la République, espérant que le nouveau quinquennat permettrait de contribuer à éradiquer le racisme, à donner plus de sens au mot « fraternité », espérant que les promesses électorales – suppression immédiate du mot « race » de la constitution, création d’un centre de mémoire pour les descendants d’esclaves – seraient honorées.
Beaucoup se sont interrogés durant ce quinquennat. Et pas seulement lorsque François Hollande l’inaugurait en déposant une gerbe pour honorer Jules Ferry, l’homme qui déclarait à la chambre des députés :  « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.  Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. »
Le 10 mai 2015, Manuel  Valls s’est publiquement déclaré favorable à l’ouverture d’un centre Dumas à Paris, dans les locaux vacants de l’hôtel Gaillard, place du général-Catroux (17e), là où, tous les ans, la fin de l’esclavage est dignement commémorée. Pas une cabane bambou, ni un centre commercial. Non, un lieu de culture, de mémoire et d’histoire pour combattre l’ignorance et le déni. Un endroit qui empêcherait les ministres de faire des « fautes de langage ».
Manuel Valls  a prôné un dialogue avec la banque de France, propriétaire des lieux. La banque de France, institution portée sur les fonts baptismaux de l’esclavage en 1800 par une poignée de négriers.
Certains se sont étonnés que le nouveau gouverneur de la banque de France, nommé par le Président de la République, après s’être déclaré incompétent, ait déclaré que la banque de France n’avait rien à voir avec l’esclavage et que l’hôtel Gaillard, grâce à des fonds publics, serait affecté à un musée à la gloire de la finance, destiné aux élèves des collèges et des lycées, dirigé par le frère de M. Strauss-Kahn.
Glorification de la finance, accusations portées contre les « nègres » d’avoir été « pour l’esclavage » : est-ce donc là le bilan de ces quatre années où, de manière rituelle, le président de la République, presque tous les 10 mai, derrière les grilles closes du jardin du Luxembourg, semblait pourtant considérer que l’esclavage fut un crime et que les victimes ne doivent pas être confondues avec les bourreaux ?
Laurence Rossignol a parlé de « faute de langage ». Plus qu’une faute, les propos qu’elle a tenus sont peut-être une erreur, une très grave erreur politique.

 

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7 Contributions

  1. perico dit :

    Oui, peut-etre antérieurement, avant jules Ferry, mes connaissances sont limitées, ce qui n’empêche pas de penser
    Oui, disais-je , en tout cas depuis Jules FERRY , les socialistes sont de fiéfés colonialistes. Si ce Jules Ferry a fait ce qu’il fallait pour l’école et donc l’éducation, il a été un homme politique français dont je ne pourrais pas dire de bien. Mais, les socialistes ne sont pas à une contradiction près, quitte à dire des énormités dont elle n’a même pas conscience tellement ses sentiments là sont ancrés dans sa chaire. Les autres ont les mêmes pensées. Ils ont été éduqués comme tous les français sans connaître l’esclavage des colonies françaises puisque non enseigné à l’école et comme la majorité des métropolitains. Mais, tout de même certains français de métropole ou de peuples colonisés sont ignorants sur leur papassé et d’autres ont appris, se sont renseignés. Mais je dpense comme vous dans cette tribune qui nous est donné, la » vérité ne sort pas que de la bouche des enfants ». Mme la ministre fait montre de ce qu’elle pense réellement. Des gens comme ça ne devrait pas être à des fonctions telles qu’un ministère et devrait faire une remise à niveau en histoire !

  2. dessaudes nasssogmo dit :

    Maman de 2 métis dont le père est venu faire des études supérieures scientifiques de sa république centrafricaine en 1968, nous savons le racisme rampant et bien pensant des élites françaises surtout des socialistes français dans les instances dirigeantes. ils n’aiment pas voir un noir (comme les UMP RPR d’ailleurs!) a un poste dirigeant .. mépris larvé racisme qui ne dit pas son nom . Le FN dit lui au moins la vérité en face il vous la crache mais pas eux, je les appelle les racistes condescendants..La France et son histoire vis à vis des noirs, ceux antillais issu de l’esclavage , et ceux des colonies d’Afrique noire francophone vaste question vaste mépris des dites élites blanches .

    • lily dit :

      @ dessaudes nasssogmo, je suis Centrafricaine et émue par votre témoignage. Oui, l’élite française gauche – droite confondue est raciste et racialiste. Mais les temps commencent à changer et ils vont prendre un bon retour de bâton.
      Bien à vous

  3. Rovélas Joss dit :

    Les A.D.A, (Africains, Descendants d’Africains) se lèvent tous ensemble pour barrer la route à « un oiseau de mauvaise augure » qui chante faux les droits humains !

    Maintenant ==> Action, Action, Action !

    Et surtout pas de trahison mais de la Résolution, de l’Abnégation et de la Détermination !

  4. GGDN dit :

    hé oui comme pour ne rien changer le traditionel discours raciste habituel oublié a la maison ..non comme ils dirons..elle n’est pas raciste…j’ai des amis(e) noirs…mais oui c’est ça !!! ont connais déja la chanson ..( la france n’est pas raciste ) ouais & pourtant c’est lui & les états unis qui tiennent le haut du pavé de l’histoire du racisme de l’histoire contre le peuple noirs sans jamais eu avoir a déboursé un centime sauf au négriers bien sur ils ont été gracement dédomager & l’état français aussi …

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