Le drapeau de la Martinique, symbole esclavagiste ?

Depuis 1766, flotte sur la Martinique le drapeau royaliste bleu à croix blanche agrémenté des 4 serpents évoquant la Martinique, en fait 4 trigonocéphales, des reptiles venimeux (mortels sans antidote) dont certains affirment qu’ils auraient été introduits sur l’île pour terroriser les esclaves.

Le drapeau de la Martinique esclavagiste orne même les uniformes des gendarmes.

Certaines organisations s’en  émeuvent depuis 2007. Ainsi le Modemas (mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine) de l’avocate Claudine Duhamel, par ailleurs active au MIR-Martinique (mouvement pour les réparations).

La polémique a été relancée en 2015, au moment où le drapeau sudiste devenait insupportable aux Afro-Américains après l’attentat de Charleston.

Mais les autorités de la France « métropolitaine » persistent à faire la sourde oreille.

Document : le courrier adressée par le Modemas aux candidats à l’élection présidentielle de 2007.

 

Lettre ouverte à tous les candidats à l’élection présidentielle française

Mesdames, Messieurs,

Durant la période esclavagiste les représentants de l’Etat français en MARTINIQUE et à SAINTE LUCIE ont pris le 4 août 1766 une ordonnance pour imposer aux propriétaires de vaisseaux de bâtiments et goélettes de ces deux îles un drapeau.

Ce décret prévoit que : « Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie. »

A partir de cette date, ce drapeau a flotté sur les navires de ceux qui se livrait à la traite négrière transatlantique, devenant ainsi l’un des symboles les plus évidents de l’esclavagisme chez nous tout comme la croix gammée est devenue le symbole du nazisme en Europe et dans le monde.

Ce drapeau flotte sur toutes les habitations des descendants des esclavagistes communément appelés békés qui constituent une caste blanche raciste pratiquant l’endogamie et l’apartheid social.

Mais il se trouve également apposés sur les édifices publics de la république française tels celui de la préfecture et de l’hôtel de police où il est même gravé dans le mur. Pire, depuis quelques temps, les gendarmes présents en Martinique portent des costumes spéciaux sur lequel ce symbole honni a été apposé.

On imagine mal la république française offrir à ces représentants de l’ordre un costume comportant une croix gammée symbole du nazisme.

Alors pourquoi cette exception martiniquaise ?

Au nom de quoi, la république française nous impose t-elle de souffrir en permanence la présence sur des édifices et des hommes censés faire régner l’ordre un symbole esclavagiste ?

Pourquoi la république française estime t-elle nécessaire de faire ainsi l’apologie de la traite négrière et de l’esclavage des noirs qu’elle a reconnu elle-même comme étant un crime contre l’humanité.

Le MODEMAS n’a cessé de dénoncer ces pratiques attentatoires aux droits fondamentaux des Martiniquais quotidiennement insultés, bafoués et néantisés par l’Etat français.

D’ailleurs c’est quand le MODEMAS a demandé le retrait de ce drapeau esclavagiste sur les édifices publics que le Ministre de l’intérieur l’a fait apposer sur l’uniforme des gendarmes présents en Martinique dans le même esprit qui a présidé la loi de la honte sur les effets positifs de la colonisation.

L’élection présidentielle française est l’occasion pour les petites filles et petits fils d’esclaves que nous sommes, d’interpeller tous les candidats de quel bord qu’il soit sur cette question et de leur demander au nom des droits de l’homme de s’engager à retirer et à faire retirer où qu’ils se trouvent en Martinique ces symboles esclavagistes afin de mettre fin à cet infini mépris à l’encontre de notre peuple.

Martinique, 4 avril 2007

C. DUHAMEL

Secrétaire nationale du MODEMAS

(vidéo) une interview de Claudine Duhamel par Peter Lema

 

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