Le Travail forcé (1900-1946)

Le Travail forcé – survivance de l’esclavagisme – est un système que la France appliqua pendant près d’un demi-siècle aux indigènes de ses colonies d’Afrique de l’Ouest, tant pour réaliser les travaux publics que pour fournir, par le détournement du système, une main d’oeuvre presque gratuite aux entreprises des colonies.

Le travail forcé était organisé par le canal de plusieurs dispositions légales et imposées dans le cadre du code de l’indigénat : la réquisition, la prestation (rétablissement pour les Africains de la corvée abolie par la Révolution), la main d’oeuvre pénale, l’obligation de cultiver, la deuxième portion du contingent.

Jusqu’en 1919 le recrutement se fit par la force.

À la différence de l’esclave, le travailleur forcé recevait parfois un salaire, mais ce salaire était dérisoire.

Les conditions de travail étaient généralement inhumaines, entraînant une forte mortalité.

C’est la loi du 11 avril 1946, prise à l’initiative du député Félix Houphouët-Boigny, qui enclencha le processus mettant un terme à cette pratique qui ne cessa guère avant 1952.

Ecrit par

2 Contributions

  1. Peter Gaida dit :

    Comme toutes les puissances coloniales, la IIIe République a recours au travail obligatoire sous forme de requisitions administratives, prestations fiscales ou recrutements militaires. En 1930, un « travail public obligatoire » est meme légalisé dans les colonies, alors que l´Organisation International du Travail dénonce les morts durant la construction du chemin de fer « Congo-Ocean ». Il est temps que la mémoire collectif intègre pas seulement l´esclavage, mais aussi le travail forcé dans les colonies françaises entre 1900 et 1946…

  2. Joss Rovélas dit :

    Donc si on appelle un chat un chat, la France a officiellement pratiqué l’esclavage jusqu’en 1946 en Afrique alors que l’esclavage avait été en principe aboli dans les lieux de déportation des Amériques et de l’Océan Indien en 1848 !

    Comment la France, les élites françaises, peuvent-elles continuer leur imposture au pays des droits de l’homme ?

Ajouter une contribution