Les Falashas, africains et juifs

Les Falashas (terme éthiopien assez péjoratif) ou Béta Israël est le nom donné aux Éthiopiens de religion israélite.

L’origine des juifs d’Éthiopie , dont la communauté existe au moins depuis le haut moyen âge, n’est pas clairement établie. Une tradition veut qu’ils soient venus avec la reine de Saba lors de son retour de Jérusalem. Une autre tradition en fait une des dix tribus perdues d’Israël.

À moins que les juifs d’Éthiopie soient tout simplement des Africains convertis au culte israélite (ce qui serait évidemment en contradiction avec le dogme d’un peuple hébreu dispersé, dogme que contestent certains essayistes iconoclastes et antiracistes comme Shlomo Sand dans L’invention du peuple juif).

Après avoir été signalés par des sources médiévales dans de petits royaumes du nord de l’Éthiopie, les Béta Israël ont été politiquement rattachés à l’empire chrétien d’Éthiopie.

Par la suite, les israélites du royaume d’Éthiopie – que rien n’a jamais distingué génétiquement des autres Éthiopiens – auraient été tenus à l’écart du fait de leur religion.

Au XXe siècle, un Français, Jacques Faitlovitch, s’est intéressé aux juifs d’Éthiopie, qui pratiquaient un culte israélite original, sans rabbins,  avec l’idée de les rapprocher des juifs orthodoxes. Mais il s’est heurté à des réticences bien évidemment liées à la couleur de peau des Éthiopiens.

En 1948, lors de la création de l’État d’Israël, le grand rabbinat a refusé de reconnaître les Béta Israël comme juifs. En conséquence, il leur était interdit d’immigrer. Ce qui n’a pas empêché, assez paradoxalement, Israël d’ouvrir des écoles juives en Éthiopie.

Après l’arrivée au pouvoir, en Éthiopie, de communistes hostiles à Israël (1974) les juifs éthiopiens, qui s’étaient peu à peu rapprochés du judaïsme orthodoxe, ont commencé à émigrer. D’abord clandestinement, puis de manière plus officielle à partir de 1975 lorsque les Béta Israël furent enfin reconnus comme juifs par l’État d’Israël.

Un autre groupe d’immigrants est apparu au début des années 90, les Falash Mura, des Éthiopiens se déclarant juifs « assimilés » mais n’appartenant pas au groupe des Béta Israël.

Il y avait en 2013 environ 110 000 Éthiopiens en Israël, dont 30 000 nés dans le pays. Mis à l’écart dans des banlieues pauvres et exposés à un racisme virulent, les Afro-Israéliens semblent vivre de plus en plus mal le fait d’être la plupart du temps des citoyens entièrement à part du fait de leur couleur de peau qui remet évidemment en question le dogme de l’unité biologique du peuple juif.

 

 

 

 

 

 

 

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2 Contributions

  1. Joss Rovélas dit :

    Israël est fondé sur la thèse mensongère de « peuple élu » et à partir de cela beaucoup considèrent que tous ceux qui ne sont pas juifs sont inférieurs : les goyims (blancs occidentaux), les arabes (bien que sémites comme les juifs) et tout en bas les nègres (africains et descendants d’africains).

    Toutes les religions du Livre fondées sur cette fable (judaïsme, islam, christianisme) ont participé à l’exploitation raciste et négrophobe de l’Afrique.

  2. Théo B. Francis dit :

    Il me semble que pour obtenir officieusement une assistance militaire et des munitions pour ses chasseurs américains F5, le général Mengistu Haïle Mariam, qui a pris le pouvoir suite à un coup d’État, aurait conclu un marché avec Israël pour envoyer un grand nombre d’Éthiopiens de religion juive dans ce pays. Israël avait besoin de ces gens pour augmenter l’effectif de son armée et faire la guerre contre les arabes.

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