Lumina Sophie dite Surprise

Lumina Sophie, dite « Surprise », est née le 5 novembre 1848 au Vauclin (Martinique) sur l’habitation La Broue, fille d’une ancienne esclave, tout juste libérée par l’abolition, Marie-Sophie, dite Zulma. Elle fut enregistrée à l’état-civil sous le nom de Marie-Philomène Sophie. Plus tard, l’administration attribuera à la mère et à la fille le patronyme de Roptus. Ainsi,Marie-Philomène Sophie deviendra-t-elle Marie-Philomène Roptus, mais tout le monde l’appellera Lumina (diminutif de Philomène) Sophie (du nom de sa mère).

Lumina exercera le métier de couturière, tout en cultivant la terre pour aider sa famille.

Lumina Sophie est connue pour avoir été, alors qu’elle était enceinte, l’un des chefs de l’insurrection du sud de la Martinique en septembre 1870, au cours de laquelle un millier de cultivateurs se soulevèrent pour en finir avec le racisme et mettre un terme à la toute-puissance des békés.

Arrêtée le 26 septembre 1870, elle accoucha le 28 avril 1871 à la prison de Fort-de-France d’un garçon qu’on lui retira aussitôt, et qui devait mourir en prison 14 mois plus tard.

Lumina Sophie fut condamnée le 8 juin 1871 au bagne à perpétuité pour avoir incendié plusieurs habitations.

On lui a prêté ces mots :

« Le Bon Dieu aurait une case sur la terre que je la brûlerais car Dieu n’est sûrement qu’un vieux béké. »

Déportée au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) le 22 décembre 1871, elle y mourra huit ans plus tard (15 décembre 1879) après avoir été mariée de force en 1877 à un bagnard français ayant purgé sa peine, mais relégué sur place.

Lumina Sophie est restée une figure très importante de l’identité martiniquaise et elle inspiré plusieurs ouvrages d’histoire ou de fictions à des écrivains martiniquais (dont Gilbert Pago et Suzanne Dracius).

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