Mansa Moussa

Mansa Moussa (parfois appelé Kanga Moussa, Kankan Moussa ou Kankou Moussa) fut empereur du Mali de 1312 à 1332. Il est généralement considéré comme l’homme le plus riche de tous les temps, avec une fortune estimée à 400 milliards de dollars (ou 300 milliards d’euros) : 5 fois la fortune de Bill Gates, ce que confirme le classement du site californien Net Worth Celebrity.

La générosité de Mansa Moussa était à la mesure de son aisance financière.

Moussa fut le 10e souverain (ou « Mansa ») du puissant empire du Mali, fondé par Soundiata Keita, l’initiateur de la charte du Manden. Cet empire, qui s’étendait de l’Atlantique à la boucle du Niger, correspondait à la majeure partie du Mali actuel et incluait en outre le Sénégal, la Gambie, la Guinée, et le sud-est de la Mauritanie.

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Le pèlerinage à la Mecque de Mansa Moussa, en 1324, lui assura une célébrité dans l’ensemble du monde musulman et en Europe.

Selon plusieurs témoignages, il serait parti avec une suite de 60 000 hommes, dont des serviteurs portant des sceptres d’or.

 

80 dromadaires lui auraient permis d’emporter 10 tonnes de poudre d’or qui, généreusement distribuées au Caire, auraient provoqué une chute des cours dont les effets se seraient fait sentir 10 années durant.

La richesse de Mansa Moussa était due aux immenses ressources minières en or de son empire qui constituaient l’essentiel des réserves alors connues. Le Mali est d’ailleurs resté l’un des premiers producteurs d’or.

Les ressources de l’empire du Mali reposaient également sur le cuivre et le commerce du sel.

Le règne de Mansa Moussa est la période la plus prospère de l’empire du Mali qui déclinera ensuite, et dès le 15e siècle, au profit de l’empire Songhaï.

Mansa Moussa a été un bâtisseur et a laissé jusqu’à nos jours de nombreux témoignages architecturaux – palais et mosquées – tant à Tombouctou, qui était alors une capitale économique et intellectuelle réputée, qu’à Gao.

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Plusieurs historiens, notamment français, ont tenté de minimiser le prestige de Mansa Moussa et de son empire, et d’expliquer l’origine de sa richesse non pas par les mines d’or mais par l’esclavage : une manière d’atténuer l’esclavage européen raciste et codifié, en tentant d’imputer aux Africains pré-coloniaux la pratique de l’esclavage, ce qu’aucune source n’a jamais démontré.

L’Afrique soudanaise au moyen-âge, un ouvrage contemporain de l’historien néo-conservateur Francis Simonis (*), destiné aux professeurs d’histoire des collèges français, et publié en 2010 par le ministère de l’éducation nationale (CRDP de l’académie d’Aix-Marseille) va dans ce sens, l’idée étant d’enseigner aux jeunes élèves que les Africains étaient des esclavagistes capables de vendre  leurs propres enfants : un argument déjà utilisé par Voltaire et les négriers du 18e siècle.

Voici ce qu’on peut lire dans cette publication officielle (p 66)

« L’esclavage existait-il en Afrique noire occidentale avant sa mise en contact avec le monde musulman ? C’est fortement probable, même si aucune source ne nous permet de trancher la question. »

Ainsi, selon M. Simonis, la seule preuve que l’Afrique était esclavagiste avant d’être colonisée, c’est que c’est « fortement probable » !

Et malgré cette absence de preuves, le même auteur n’hésite pas à affirmer qu’avant la fondation de l’empire du Mali  : « certains esclaves semblent parfois avoir été des libres vendus par leurs propres parents. » (ibid. p 67).

 

Extrait de Mansa Musa, un documentaire National Geographic

(*) enseignant à Aix-Marseille, chroniqueur au Point et à Causeur.

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