Négrophobie

La négrophobie (du latin niger, noir, et du grec, phobos, peur) désigne la forme de racisme la plus virulente visant celles et ceux qui sont perçus comme « noirs » par des personnes se considérant comme différentes des « noirs ». Cette différence supposant implicitement une supériorité, voire une différence de nature.

La négrophobie est particulièrement répandue en France depuis le milieu du 17e siècle, et dans les pays occidentaux ayant pratiqué l’esclavage et la colonisation.

Le mot de négrophobie est probablement forgé sur le modèle de « nigrophilisme » qui apparaît en 1802 dans l’ouvrage Les égarements du nigrophilisme de Baudry des Lozières qui constitue un modèle inégalé de négrophobie et d’apologie de l’esclavage.

Il apparaît en janvier 1927 dans le mensuel anticolonialiste La voix des nègres de Lamine Senghor . Popularisé par Frantz Fanon, en particulier dans Peaux noires masques blancs , il a été utilisé en 2005 pour l’intitulé d’un livre de Boubacar-Boris Diop et François-Xavier Verschave, Négrophobie (Les Arènes), qui répondait à l’ouvrage raciste et négrophobe du journaliste Stephen Smith Négrologie (2003)

Il figure également en sous-titre du précieux ouvrage d’Odile Tobner (veuve de l’écrivain camerounais Mongo Beti) Du racisme français, quatre siècles de négrophobie (Les Arênes, 2007).

La brigade anti-négrophobie (BAN) a été créée en 2005 pour protester contre les violences policières au moment des émeutes qui ont enflammé les banlieues après la mort par électrocution de plusieurs jeunes pourchassés par la police et qui s’étaient réfugiés près d’un transformateur à haute tension.

La brigade anti-négrophobie, souvent présentée – à tort – comme « radicale » par certains journalistes, a subi en 2011 et 2013 des violences policières spectaculaires à l’entrée du jardin du Luxembourg, lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, simplement parce que ses membres – par ailleurs munis d’un carton d’invitation officiel – arboraient un tee shirt « brigade anti-négrophobie ».

La brigade anti-négrophobie s’est illustrée en occupant symboliquement le stand Guerlain des galeries La Fayette après les propos racistes et négrophobes de Jean-Paul Guerlain à la télévision (automne 2010).

Elle a également été très active lors des manifestations contre Exhibit B en novembre et décembre 2014, notamment à travers Franco Lollia, porte-parole de la brigade, par ailleurs président d’Alliance noire citoyenne de Cergy-Pontoise.

L’exposition Exhibit B marque une étape historique, en France, dans la prise de conscience de la négrophobie institutionnalisée et banalisée.

 

 

 

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