Solitude (1772-1802)

Solitude, née à la Guadeloupe vers 1772, exécutée le 19 novembre 1802, est une figure majeure de la mémoire guadeloupéenne.

Bien que les documents historiques la concernant soient lacunaires, elle serait le fruit du viol de sa mère par les marins d’un bateau négrier.

Comme de nombreuses femmes de la Guadeloupe, Solitude, enceinte de trois mois, a participé vaillamment, aux côtés de Louis Delgrès , aux combats de mai 1802 pour résister au rétablissement de l’esclavage ordonné par Napoléon Bonaparte.

Lorsqu’elle fut prise et condamnée à mort, le fait qu’elle était enceinte entraîna un sursis à son exécution. Elle ne fut pendue que le lendemain de son accouchement, le 19 novembre 1802, de sorte que son enfant puisse devenir la propriété d’un esclavagiste.

Solitude a été évoquée dans plusieurs romans.

Il est toutefois regrettable qu’on accole le plus souvent à son nom l’épithète de « mulâtresse ».

Ce terme a en effet été imaginé par les esclavagistes, et notamment Moreau-de-Saint-Méry, pour exprimer à quel point les personnes résultant de l’alliance des Européens avec les Africains étaient contre-nature et méprisables.

Mulâtre vient en effet de mulet. Dans l’imaginaire colonial, le « mulâtre » était le « produit » de la « saillie » d’un cheval (l’Européen) avec une ânesse (l’esclave africaine).

Les mulets, on le sait, sont stériles.

Le terme de mulâtre, qui n’était utilisé que par les négriers et les colons, était extrêmement injurieux et méprisant.

Il est donc assez désolant qu’une fière combattante comme Solitude – du fait de l’ignorance de ceux qui croient bien faire, de la perversité aussi de ceux qui savent – soit passée à la postérité sous une épithète on ne peut plus raciste et esclavagiste.

 

 

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5 Contributions

  1. Frantz Pierre Victor dit :

    C’est vraiment dommage que : »Mulâtre » soit encore utilisé en Haïti première nation noire indépendante ». Et cela ne dérange personne, même dans les milieux littéraire, artistique et autres. Personne ne s’en offusque. A réfléchir profondément là-dessus.

    • patty dit :

      Moi tous ces surnoms que l’on donne aux noirs clairs ou pas m’horripilent . Comme on me l’a appris dès que nous avons une goutte de sang noir on est noir, je confirme. Je trouve que mulâtre est le pire de tous

      • LaCec dit :

        Le sang est rouge.
        « noir », comme « blanc » est un concept, lié certes à la couleur de la peau (foncée ou claire) mais pas une couleur de peau en soi.

        On se dit « noir » ou « blanc » si on adhère à l’idée de race. Mais cela, c’est encore quelque chose que de très nombreuses personnes ne réalisent pas…

  2. BLANDY VICTOR dit :

    MOURIR POUR VIVRE DANS L’HISTOIRE : EST-CE LE DESTIN DES NOIRS, DES PEUPLES OPPRIMÉS ?
    JE NE VEUX PAS MOURIR DE LEURS MAINS SALES. NON.
    B.A.V.

    Félicitations pour ce travail.

  3. Et dire que certains sont fiers de se qualifier de mulâtres ! J’ai lu, il y a quelques années, l’héroïque et émouvante histoire de Solitude. Merci de ce rappel et félicitations pour votre excellent travail d’information.

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23 mai 2017 hommage victimes esclavage colonial place gal-Catroux Paris 17e à 18 h
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