Un Afro-descendant exécuté pour inaugurer une guillotine

Les manuels d’histoire présentent généralement la Révolution française comme l’événement qu permit aux esclaves d’être libérés.

On laisse entendre aux jeunes écoliers français que la renonciation aux privilèges du 4 août 1789 et la déclaration des droits de l’homme du 26 août auraient mis un terme à la traite et à l’esclavage en application des théories généreuses de Voltaire, de Montesquieu et de Rousseau.

C’est une contrevérité absolue.

Outre que Voltaire, Montesquieu et probablement Rousseau étaient racistes et peu hostiles à l’esclavage des Africains, les révolutionnaires de 1789 ne souhaitaient nullement priver les ports français de leur commerce. Beaucoup de ces révolutionnaires avaient été élus par les négriers de Bordeaux (les Girondins) ou de Nantes.

Louis de Noailles, l’homme qui fut à l’origine de la renonciation aux privilèges du 4 août 1789, s’illustra 14 plus tard sous les ordres de Rochambeau. C’est Noailles qui se rendit à Cuba pour y trouver des chiens et les dresser à dévorer les anciens esclaves.

Les esclaves furent exclus de l’application de la déclaration des droits de l’homme au motif qu’ils n’étaient que des bêtes et non pas des hommes.

Les années 1789 et 1790 battirent tous les records de la traite et firent la fortune des ports négriers.

L’abolition votée le 4 février 1794 fut imposée parce qu’elle était déjà effective à Saint-Domingue, du fait de la révolte des esclaves (intervenue dès août 1791).

Si l’on veut avoir une idée de la mentalité des révolutionnaires dans les ports négriers, qu’on en juge par cet épisode qui s’apparente à un lynchage.

À l’automne 1793, une guillotine arriva à Rochefort, qui participait à la traite des Africains. Le port de Rochefort était alors paralysé par le blocus anglais.

L’arrivée de la guillotine fut un événement pour les sans-culottes rochefortais qui, poussés par les deux représentants du peuple en mission – Jean-François Laignelot, député de la Seine, et Joseph Lequinio, député du Morbihan –  étaient impatients de la voir fonctionner.

On s’empara d’un Afro-descendant et, après un simulacre de jugement, il fut traîné sur l’échafaud où un Rochefortais d’origine alsacienne, Henz, s’était improvisé bourreau, sans savoir comment fonctionnait la machine.

La seule faute du malheureux qui étrenna la guillotine de Rochefort, c’était que la couleur de sa peau l’avait désigné à une foule hystérique et sadique.

 

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