Vertières

Le 18 novembre 1803, François Capois (1776-1806), officier de Jean-Jacques Dessalines, s’est élancé à cheval pour donner l’assaut contre le fort de Vertières, doté d’une puissante artillerie, qui défendait la ville du Cap où s’était retranché le général Rochambeau. C’était là un véritable criminel qui, représentant l’ordre esclavagiste de Napoléon, avait tenté d’exterminer la population civile en utilisant des gaz mortels et des chiens dressés.

François Capois, comprenant le caractère décisif de cette bataille, ne cessait de crier : « En avant, en avant ! »

Des milliers d’Haïtiens, qui étaient officiellement des citoyens français depuis l’abolition de 1793, confirmée à Paris le 4 février 1794, l’ont suivi dans cette attaque.

La plupart d’entre eux étaient, comme lui, d’anciens esclaves.

Le cheval de Capois s’est écroulé, traversé par un boulet.

Capois, projeté à terre, s’est relevé et, l’épée à la main, il est reparti en courant se placer à la tête de ses soldats qui continuaient l’attaque, toujours au cri de « En avant, en avant ! »

Capois portait un bonnet qui fut emporté par un boulet, mais il ne s’arrêta pas.

Les hommes du général Capois furent massacrés par l’artillerie française. Mais, à chaque fois, Capois retournait chercher de nouvelles troupes et repartait à l’attaque.

Il y eut au moins quatre assauts. Capois perdit la moitié de ses hommes qui se faisaient tuer sur place sans reculer.

Rochambeau, décontenancé et fasciné, profita d’une pause pour envoyer un messager adresser ses félicitations à son adversaire.

Dans la soirée, Dessalines ayant envoyé les renforts, les positions françaises étaient enfoncées.

Le lendemain Rochambeau signa la capitulation française et joua les grands seigneurs en faisant envoyer un cheval à Capois avec ce message :

« Le capitaine-général Rochambeau offre ce cheval comme une marque d’admiration pour l’Achille noir pour remplacer celui que son armée française regrette d’avoir tué ».

Quelques jours plus tard, les rescapés français embarquèrent sous menace d’être mitraillés à boulets rouges et furent aussitôt pris pas les Anglais.

Christophe leur fit rendre les archives qu’ils avaient tenté d’emporter.

Pour l’historiographie française, la bataille de Vertières n’a jamais existé.

Mais les Haïtiens, tous les 18 novembre depuis 1803, célèbrent leur victoire sur la colline de Vertières. Aussi courtois que pouvait l’être Rochambeau, ils ne manquent jamais d’y inviter l’ambassadeur de France.

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5 Contributions

  1. Dougé Jean - Claude dit :

    Il faudrait que les gens réalisent ce que signifiait pour la France et l’ Europe entière la défaite des soldats blancs à Haiti : une gifle monumentale appliquée sur la joue des Albinos d’ Europe par des sauvages qui venaient tout juste descendre de leur cocotier. Montesquieu Voltaire et sa clique de «  philosophes«  auraient avalé leurs écrits sans demander leur dû.

  2. Harry Comeau dit :

    La bataille de Vertieres est célébrée en Haiti le 18 Novembre. Il est évident que ceux qui ont connu la défaite ne ne la célèbrent pas mais nous sommes infiniment reconnaissant pour cette glorieuse victoire non seulement pour nous mais pour l’humanité.

  3. Joesac dit :

    Belle victoire de la liberté universelle sur l’intolérance et la férocité.

    • Paul Boliscar dit :

      D’après l’historien haïtien ,Thomas Madiou, la France envoya en tout, à St-Domingue, pendant les années 1802 et 1803 , 55.531 soldats blancs.  » Il ne faut pas comprendre dans ce chiffre les équipages des bâtiments de guerre qui gardaient le littoral et combattaient à chaque fois que l’occasion s’en présentait.

  4. Gunot Serge dit :

    Ironie du sort, nous nous trouvons à l’Ambassade de France, dans la rue Capois qui longe le Champ de Mars à Port-au-Prince.

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