Vincent Ogé (1755-1791)

Vincent Ogé, né à Saint-Domingue (République d’Haïti) dans une famille d’Afro-descendants libres et fortunés, se battit à Paris au tout début de la Révolution afin d’obtenir dans les colonies l’égalité des droits pour les hommes libres sans distinction de couleur.

Revenu à Saint-Domingue en octobre 1790 et constatant que les colons s’opposaient farouchement à cette revendication, pourtant admise à Paris, il tenta vainement avec Jean-Baptiste Chavannes, d’organiser un soulèvement armé.

Réfugiés dans la partie espagnole de l’île, Ogé et ses amis furent livré aux autorités coloniales françaises qui, après un semblant de procès, prononcèrent une quarantaine de condamnations à mort.

Ogé et Chavannes firent preuve de beaucoup de courage et de dignité lorsqu’on leur infligea le supplice de la roue le 25 février 1791 sur une place du Cap.

On avait eu soin de disposer les roues à l’opposé du lieu d’exécution réservé à ceux qui n’étaient pas des Afro-descendants.

Le supplice de la roue, réservé aux assassins était particulièrement cruel. Il consistait à attacher les condamnés sur une croix de Saint-André, à leurs briser les bras et les jambes, à leur défoncer la poitrine avec une barre de fer, et à les attacher bras et jambes repliés  sur une roue disposée horizontalement jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Ogé et Chavanes furent les derniers condamnés à subir le supplice de la roue qui fut aboli le 6 octobre 1791.

Cet événement tragique contribua à la révolte des esclaves d’août 1791 et à l’union victorieuse des esclaves et des Afro-descendants libres d’Haïti, les uns et les autres ayant compris que la question de l’égalité des droits ne pouvait être séparée du problème de la liberté pour tous.

 

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1 Contribution

  1. Joss Rovélas dit :

    Information importante pour comprendre le processus de déclenchement de la révolution antiesclavagiste de la population mise en esclavage d’Haïti.

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