Voltaire armateur négrier

Voltaire n’était pas seulement un auteur qui a exprimé sans retenue aucune son racisme et sa négrophobie.

C’était surtout un homme d’affaires. Très attiré par l’argent, il fit une fortune considérable, employant toutes les manières légales qui étaient possibles en son temps.

La question, dès lors, n’est pas de savoir si Voltaire a été impliqué dans les expéditions de traite, qui firent les bonnes affaires du siècle des Lumières, mais pour quelle raison il se serait privé de cette manière de s’enrichir, lui qui s’est employé dans ses ouvrages à exprimer l’infériorité supposée, physique et morale, des Africains et leur prétendue responsabilité dans l’esclavage.

Voltaire cultivait son image d’intellectuel et agissait en affaires par l’intermédiaire d’hommes de confiances et de prête-noms.

Il n’avait aucun intérêt, c’est évident, à ce qu’on sache de quelle manière il avait fait fortune.

Beaucoup de preuves de l’implication effective de Voltaire dans le trafic ont disparu avec la correspondance commerciale de Voltaire qui s’est évaporée comme par enchantement.

Mais il en reste au moins une.

Le 1er décembre 1751, un bateau négrier, Le Saint-Georges, est parti de Cadix pour la Guinée.

Voltaire avait personnellement engagé 2500 piastres dans cette expédition.

Outre qu’il a spéculé sur les produits coloniaux qui arrivaient des Antilles à Cadix et qui résultaient du travail des esclaves, Voltaire savait très bien que Cadix était un port négrier.

Ainsi Voltaire a-t-il, sans contestation possible, cofinancé au moins une expédition négrière et très vraisemblablement plusieurs autres.

Voir notamment : Robert Chamboredon Toutes antennes déployées. Les enseignements de la correspondance des frères Fornier entre Nîmes et Cadix (1748-1786) revue Rives méditerranéennes, n° 27, 2007, pp 65-84

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